Les interviews rêvées
C'est la rentrée! Les jeunes élèves troyens ont repris le "chemin des écoliers" cher au coeur du poète René Char, les collégiens et lycéens ont également repris la direction de leurs établissements scolaires. Pour l'Adjointe au Maire chargée de l'Enseignement au sein de notre Ville c'est aussi la rentrée! Sibylle Bertail ayant malheureusement été recalée à l'écrit avec son réglement du service de la restauration scolaire, dont le caractère disciminatoire lui a valu quelques déboires avec la presse, le journal l'Est-Eclait lui a donc récemment donné l'occasion d'être repêchée lors d'un oral de rattrapage. Me voici donc amené à endosser, une fois n'est pas coutume, la blouse du "professeur Pédro" chargé d'évaluer la prestation de notre étudiante d'un jour (tous les passages en italiques sont extraits de l'interview de Sibylle Bertail parue dans l'Est Eclair du 19/09/2011) :
Journaliste : Sibylle Bertail (adjointe au maire en charge de l'enseignement), Troyes est épinglée par la fédération des parents d'élèves (FCPE) car elle restreint l'accès à la cantine aux enfants de parents qui travaillent, ce qui exclut de fait les enfants de chômeurs. Comprenez-vous cette polémique ?
Sibylle Bertail : « Absolument pas, je ne me sens pas du tout concernée. Nous ne refusons aucun enfant dans les cantines scolaires troyennes, quelle que soit la situation des parents, ce serait discriminatoire. Le maire a toujours insisté pour accueillir l'ensemble de la population. Cette polémique est injuste, il s'agit d'une mauvaise interprétation de notre règlement. »
Professeur Pédro: C'est ce qui s'appelle nier le problème au lieu de l'affronter Mme Bertail, curieuse façon de commencer. Je retiens cependant que vous qualifiez vous-même de discriminatoire la pratique qui consiste à refuser à un enfant l'accès au service de la restauration scolaire, sous pretexte que ses parents seraient demandeurs d'emploi. Nous y reviendrons.. Vous évoquez ensuite une mauvaise interprétation de votre règlement, soit, mais comment faut-il donc l'interpréter alors?
Journaliste : Sibylle Bertail (adjointe au maire en charge de l'enseignement), Troyes est épinglée par la fédération des parents d'élèves (FCPE) car elle restreint l'accès à la cantine aux enfants de parents qui travaillent, ce qui exclut de fait les enfants de chômeurs. Comprenez-vous cette polémique ?
Sibylle Bertail : « Absolument pas, je ne me sens pas du tout concernée. Nous ne refusons aucun enfant dans les cantines scolaires troyennes, quelle que soit la situation des parents, ce serait discriminatoire. Le maire a toujours insisté pour accueillir l'ensemble de la population. Cette polémique est injuste, il s'agit d'une mauvaise interprétation de notre règlement. »
Professeur Pédro: C'est ce qui s'appelle nier le problème au lieu de l'affronter Mme Bertail, curieuse façon de commencer. Je retiens cependant que vous qualifiez vous-même de discriminatoire la pratique qui consiste à refuser à un enfant l'accès au service de la restauration scolaire, sous pretexte que ses parents seraient demandeurs d'emploi. Nous y reviendrons.. Vous évoquez ensuite une mauvaise interprétation de votre règlement, soit, mais comment faut-il donc l'interpréter alors?
Sibylle Bertail sur le point de passer le grand oral.
Pourquoi alors stipuler noir sur blanc que l'« enfant dont les deux parents (ou le parent en cas de famille monoparentale) exercent une activité professionnelle est inscrit en priorité » ?
« C'est une question de place mais pas de statut. Le problème pourrait se poser si les cantines étaient surchargées mais ce n'est pas du tout le cas.
Les effectifs ont peu augmenté ces dernières années, la question d'agrandissement ne se pose pas. »
Professeur Pédro: Une question de place et non de statut dites-vous ? Mais lorsque vous écrivez que l'enfant dont les, ou le, parents travaillent est inscrit en priorité, il est évident que c'est une question de statut qui se pose dans ce cas! Donner la priorité aux parents qui travaillent pour l'inscription de leur(s) enfant(s) c'est bel et bien faire du statut des parents un critère de choix au moment de l'inscription. J'entends bien votre argument selon lequel la question du statut des parents n'est sensée se poser qu'à partir du moment ou un problème de place se pose également, mais lorsqu'ont dit cela, et c'est ce que vous dites, on ne peut pas prétendre en même temps que la question du statut ne se pose pas du tout, c'est manifestement contradictoire, reprenez-vous Mme Bertail!
Vous ajoutez d'ailleurs vous-même que le probleme "pourrait se poser si les cantines étaient surchargées". Vous convenez donc bien que si le problème de la place PEUT se poser c'est donc que la question du statut PEUT bel et bien se poser aussi! Commencer par nier ce dont vous démontrez ensuite la possibilité c'est manquer singulièrement de logique ne trouvez vous pas?
"Les effectifs ont peu augmenté ces dernières années" dite-vous? Mais s'ils ont peu augmenté, c'est qu'ils ont augmenté quand même, et "PEU" c'est combien exactement? Comment accorder du crédit à une affirmation qui n'est étayée d'aucun élément chiffré? Il s'agit d'argumenter Mme Bertail, pas simplement d'affirmer!
Dans le cas où le problème se poserait, n'est-ce pas répréhensible moralement de donner la priorité à telle ou telle catégorie socioprofessionnelle ?
« Si l'on venait à manquer de place, je favoriserais évidemment les gens qui risquent de perdre leur emploi pour faire manger leur enfant, cela me paraît normal. »
Professeur Pédro : Vos propos confirment donc bien, à nouveau, que le statut d'enfant de parent(s) "actif(s)" confère une position privilégiée pour avoir accès à la cantine. "Je favoriserais" dites-vous, ah oui vraiment? Vous nous apprenez donc que c'est vous qui détenez le pouvoir de décision sur qui a le droit ou non d'accéder à ce service? La priorité c'est vous qui la déterminez? A quoi bon un règlement alors si au final c'est le fait du prince (pardon, de la princesse) qui s'applique?
En cas de manque de place, les parents qui travaillent seraient donc "favorisés" c'est votre propre terme. Or la question était: "n'est ce pas répréhensible moralement?" J'en déduis que pour vous non puisque vous estimez cela "normal". Pourtant vous qualifiez vous-même cette pratique de "discriminatoire" au début de cet entretien, auriez-vous changé d'avis seulement deux questions plus tard? Vous conviendrez que vos propos manquent singulièrement de cohérence!
La demande des parents chômeurs ne serait donc pas une priorité ?
« Quelqu'un en recherche d'emploi n'est pas quelqu'un qui ne travaille pas. Ses enfants feraient donc partie des personnes prioritaires. »
Professeur Pédro: Alors là j'avoue que vous m'impressionnez ! Voici un sophisme de la plus belle espèce à inclure dans tout bon manuel de mauvaise rhétorique !!! Tous les chômeurs qui vous lisent devraient ainsi se sentir rassurés puisqu'à vous entendre, s'ils cherchent un emploi.... c'est donc qu'ils travaillent ...CQFD!!!
L'intitulé du règlement n'est pas clair, ce sont d'ailleurs ces deux lignes qui ont provoqué la polémique…
« Nous reverrons certainement la formulation. »
Professeur Pédro: J'ai du mal à vous suivre... Vous prétendez d'abord que ce règlement ne pose aucun problème, et que la polémique qu'il a suscitée est l'effet d'une mauvaise interprétation de son contenu. Si c'est réellement le cas, ça n'est donc pas la formulation qui est à revoir mais l'interprétation des mauvais esprits qui en détournent le sens qu'il s'agit de contester. Le problème c'est qu'à aucun moment vous ne nous expliquez clairement en quoi cette interprétation est fautive mais qu'au contraire vous avancez des arguments qui abondent dans le sens de cette soi-disant mauvaise nterprétation. Alors de deux choses l'une, soit vous n'êtes pas capable de vous faire comprendre distinctement et c'est très ennuyeux, soit vous êtes de mauvaise foi et c'est très grave. Dans les deux hypothèses votre repêchage me paraît bien compromis.
La restauration scolaire relève d'un service public, chacun doit pourtant avoir le droit d'en profiter s'il le souhaite ?
« Je vous rappelle que la restauration scolaire est facultative. »
Professeur Pédro: Ca n'est pas avec ce type d'argument que vous allez améliorer vos chances de réussite malheureusement! Allons allons Mme Bertail reprenez-vous! Depuis quand un service public n'est pas soumis aux règles des service publics sous pretexte qu'il est facultatif? Vous auriez dû réviser votre droit public Mme Bertail, vous n'etes pas raisonnable!
Mais à partir du moment où le service existe, il ne doit faire aucune distinction… La cantine permet aux enfants d'échanger entre eux, c'est aussi un facteur de lien social, non ?
« Au début oui, ils sont heureux de se retrouver, mais au fil de l'année, on se rend vite compte qu'ils ont plutôt besoin de calme, de faire une coupure. Les journées sont très chargées. »
Professeur Pédro: Vous éludez la question juridique de la nécessaire égalité d'accès au service public! S'agissant de la distinction vous ne répondez donc pas et préférez prétendre que la cantine c'est trop bruyant et que les enfants s'y sentent bien au début mais qu'au cours de l'année ils saturent. Mais sur quelle base statistique appuyez-vous ce constat? Sur quelle enquête? Il me semble pour le moins saugrenue de dénigrer ainsi le service de la restauration scolaire dont vous êtes, d'une certaine manière, la garante en nous expliquant que finalement les enfants gagneraient à ne pas le fréquenter! Ne serait-il pas plus constructif de donner justement les moyens à ce service d'assurer aux enfants une transition entre les activités scolaires du matin et de l'après midi dans les meilleures conditions? Je vous rappelle que c'est d'ailleurs ainsi que le préambule de votre règlement présente la restauration scolaire. Alors, pardonnez la familiarité de ma formule, mais : pourquoi tant de haine?
Pour certains, c'est aussi parfois la seule possibilité de manger un repas équilibré de la journée. Et puis, tous les parents n'ont pas de moyen de locomotion pour venir chercher leur enfant ?
« Les écoles se trouvent à proximité des habitations, si les familles habitent plus loin, c'est qu'elles ont fait ce choix. Il faut savoir qu'il y a aussi beaucoup de parents qui préfèrent garder leur enfant à domicile le midi. C'est même conseillé pour l'équilibre de l'enfant.
Professeur Pédro: Voilà qui nous éloigne du sujet initial mais, encore une fois, vous ne répondez que sur un seul des deux aspects de la question, celui qui vous arrange peut-être? Passons donc sur l'aspect nutritionnel que vous éludez pour aborder la question du trajet domicile-école. Vous affirmez que les écoles se trouvent "à proximité" des habitations. Soit, mais à partir de quelle distance considérez-vous qu'une école est ou n'est pas à proximité? 1 km? 2 kms? En l'absence de moyen de locomotion, vous feriez accomplir à un enfant de 3 ou 4 ans un trajet de cette distance 4 fois par jour (soit entre 4 et 8 kms de marche quotidienne)? Sans même parler des conditions météorologiques! Et quelles compétences pédiatriques ou psychologiques vous permettent-elles de savoir ce qui bon ou pas pour l'équilibre d'un enfant? Sur quelle étude vous appuyez-vous pour avancer qu'il est conseillé aux parents de reprendre leurs enfants le midi au lieu de les laisser déjeuner à la cantine? Qui conseille cela? Et dans quelles circonstances exactes? Tout cela manque bien trop d'éléments précis et d'argumentation scientifique pour être considéré sérieusement.
Quels sont les tarifs pratiqués à Troyes ?
« Le tarif normal est de 3,90 €, et devient dégressif à 3,50 € à partir du deuxième enfant. C'est une nouveauté cette année puisqu'avant, cela ne s'appliquait qu'au troisième. »
L'opposition réclame depuis des années l'instauration du quotient familial pour que les familles payent en fonction de leur revenu, quelle est votre position ?
« Ce n'est pas d'actualité à Troyes, c'est un choix politique, la Ville fait déjà beaucoup d'efforts. En lien avec le conseil général et Pôle Emploi, des aides financières sont apportées aux familles en difficulté, on ne peut pas nous reprocher ça ! Il faut savoir qu'un repas coûte 7,50 €, la moitié est prise en charge par la collectivité. »
Professeur Pédro: Je vous concède qu'il s'agit effectivement d'un choix politique, mais encore faut-il que celui-ci soit motivé par des arguments convaincants et non dicté par la seule autorité de telle ou telle idéologie. L'instauration d'un quotient familial est motivée par la volonté d'instaurer un principe de progressivité du coût pour les familles, comme pour l'impôt sur le revenu. Cet argument est naturellement critiquable mais encore faut-il préciser en quoi et selon quels présupposés? Ce que vous ne faites malheureusement pas.
Ensuite, que voudriez-vous que l'on vous reproche exactement? De ne pas laisser les gens qui ont des difficultés pouvoir bénéficier des aides sociales du Conseil général? Mais encore heureux que la municipalité ne les en empèche pas ! Ce serait un comble! Et quand bien même elle le souhaiterait, on voit mal comment elle pourrait s'y prendre.
De quelle manière la Ville de Troyes participe à ces aides d'ailleurs ? Si vous nous annonciez l'existence d'une aide financière spécifique pour la restauration scolaire pris en charge par notre commune ce serait un joli scoop, mais je ne crois pas vous avoir entendu l'évoquer. Au-delà de la prise en charge, évidente, d'une partie du coût du repas par la collectivité, peut-on donc vraiment appeler "effort" le simple fait de participer à l'information des usagers sur leurs droits?
Nogent-sur-Seine donnait jusqu'à cette année priorité aux parents qui travaillent. La Ville vient de changer son règlement intérieur pour éviter toute poursuite judiciaire. Qu'en pensez-vous ?
« Je suis au courant mais je n'ai pas à commenter ce que font les autres communes. »
Professeur Pédro: C'est bien dommage mais comme vous évoquiez vous-même la perspective de "revoir" votre propre règlement au début de l'entretien, il est facile d'en déduire que vous souhaitez donc vous inscrire dans la même ligne de conduite que la ville de Nogent-sur-Seine.
Alors qu'en pensez-vous : Repêchée au rattrapage notre Adjointe au Maire ou définitivement recalée ???
« C'est une question de place mais pas de statut. Le problème pourrait se poser si les cantines étaient surchargées mais ce n'est pas du tout le cas.
Les effectifs ont peu augmenté ces dernières années, la question d'agrandissement ne se pose pas. »
Professeur Pédro: Une question de place et non de statut dites-vous ? Mais lorsque vous écrivez que l'enfant dont les, ou le, parents travaillent est inscrit en priorité, il est évident que c'est une question de statut qui se pose dans ce cas! Donner la priorité aux parents qui travaillent pour l'inscription de leur(s) enfant(s) c'est bel et bien faire du statut des parents un critère de choix au moment de l'inscription. J'entends bien votre argument selon lequel la question du statut des parents n'est sensée se poser qu'à partir du moment ou un problème de place se pose également, mais lorsqu'ont dit cela, et c'est ce que vous dites, on ne peut pas prétendre en même temps que la question du statut ne se pose pas du tout, c'est manifestement contradictoire, reprenez-vous Mme Bertail!
Vous ajoutez d'ailleurs vous-même que le probleme "pourrait se poser si les cantines étaient surchargées". Vous convenez donc bien que si le problème de la place PEUT se poser c'est donc que la question du statut PEUT bel et bien se poser aussi! Commencer par nier ce dont vous démontrez ensuite la possibilité c'est manquer singulièrement de logique ne trouvez vous pas?
"Les effectifs ont peu augmenté ces dernières années" dite-vous? Mais s'ils ont peu augmenté, c'est qu'ils ont augmenté quand même, et "PEU" c'est combien exactement? Comment accorder du crédit à une affirmation qui n'est étayée d'aucun élément chiffré? Il s'agit d'argumenter Mme Bertail, pas simplement d'affirmer!
Dans le cas où le problème se poserait, n'est-ce pas répréhensible moralement de donner la priorité à telle ou telle catégorie socioprofessionnelle ?
« Si l'on venait à manquer de place, je favoriserais évidemment les gens qui risquent de perdre leur emploi pour faire manger leur enfant, cela me paraît normal. »
Professeur Pédro : Vos propos confirment donc bien, à nouveau, que le statut d'enfant de parent(s) "actif(s)" confère une position privilégiée pour avoir accès à la cantine. "Je favoriserais" dites-vous, ah oui vraiment? Vous nous apprenez donc que c'est vous qui détenez le pouvoir de décision sur qui a le droit ou non d'accéder à ce service? La priorité c'est vous qui la déterminez? A quoi bon un règlement alors si au final c'est le fait du prince (pardon, de la princesse) qui s'applique?
En cas de manque de place, les parents qui travaillent seraient donc "favorisés" c'est votre propre terme. Or la question était: "n'est ce pas répréhensible moralement?" J'en déduis que pour vous non puisque vous estimez cela "normal". Pourtant vous qualifiez vous-même cette pratique de "discriminatoire" au début de cet entretien, auriez-vous changé d'avis seulement deux questions plus tard? Vous conviendrez que vos propos manquent singulièrement de cohérence!
La demande des parents chômeurs ne serait donc pas une priorité ?
« Quelqu'un en recherche d'emploi n'est pas quelqu'un qui ne travaille pas. Ses enfants feraient donc partie des personnes prioritaires. »
Professeur Pédro: Alors là j'avoue que vous m'impressionnez ! Voici un sophisme de la plus belle espèce à inclure dans tout bon manuel de mauvaise rhétorique !!! Tous les chômeurs qui vous lisent devraient ainsi se sentir rassurés puisqu'à vous entendre, s'ils cherchent un emploi.... c'est donc qu'ils travaillent ...CQFD!!!
L'intitulé du règlement n'est pas clair, ce sont d'ailleurs ces deux lignes qui ont provoqué la polémique…
« Nous reverrons certainement la formulation. »
Professeur Pédro: J'ai du mal à vous suivre... Vous prétendez d'abord que ce règlement ne pose aucun problème, et que la polémique qu'il a suscitée est l'effet d'une mauvaise interprétation de son contenu. Si c'est réellement le cas, ça n'est donc pas la formulation qui est à revoir mais l'interprétation des mauvais esprits qui en détournent le sens qu'il s'agit de contester. Le problème c'est qu'à aucun moment vous ne nous expliquez clairement en quoi cette interprétation est fautive mais qu'au contraire vous avancez des arguments qui abondent dans le sens de cette soi-disant mauvaise nterprétation. Alors de deux choses l'une, soit vous n'êtes pas capable de vous faire comprendre distinctement et c'est très ennuyeux, soit vous êtes de mauvaise foi et c'est très grave. Dans les deux hypothèses votre repêchage me paraît bien compromis.
La restauration scolaire relève d'un service public, chacun doit pourtant avoir le droit d'en profiter s'il le souhaite ?
« Je vous rappelle que la restauration scolaire est facultative. »
Professeur Pédro: Ca n'est pas avec ce type d'argument que vous allez améliorer vos chances de réussite malheureusement! Allons allons Mme Bertail reprenez-vous! Depuis quand un service public n'est pas soumis aux règles des service publics sous pretexte qu'il est facultatif? Vous auriez dû réviser votre droit public Mme Bertail, vous n'etes pas raisonnable!
Mais à partir du moment où le service existe, il ne doit faire aucune distinction… La cantine permet aux enfants d'échanger entre eux, c'est aussi un facteur de lien social, non ?
« Au début oui, ils sont heureux de se retrouver, mais au fil de l'année, on se rend vite compte qu'ils ont plutôt besoin de calme, de faire une coupure. Les journées sont très chargées. »
Professeur Pédro: Vous éludez la question juridique de la nécessaire égalité d'accès au service public! S'agissant de la distinction vous ne répondez donc pas et préférez prétendre que la cantine c'est trop bruyant et que les enfants s'y sentent bien au début mais qu'au cours de l'année ils saturent. Mais sur quelle base statistique appuyez-vous ce constat? Sur quelle enquête? Il me semble pour le moins saugrenue de dénigrer ainsi le service de la restauration scolaire dont vous êtes, d'une certaine manière, la garante en nous expliquant que finalement les enfants gagneraient à ne pas le fréquenter! Ne serait-il pas plus constructif de donner justement les moyens à ce service d'assurer aux enfants une transition entre les activités scolaires du matin et de l'après midi dans les meilleures conditions? Je vous rappelle que c'est d'ailleurs ainsi que le préambule de votre règlement présente la restauration scolaire. Alors, pardonnez la familiarité de ma formule, mais : pourquoi tant de haine?
Pour certains, c'est aussi parfois la seule possibilité de manger un repas équilibré de la journée. Et puis, tous les parents n'ont pas de moyen de locomotion pour venir chercher leur enfant ?
« Les écoles se trouvent à proximité des habitations, si les familles habitent plus loin, c'est qu'elles ont fait ce choix. Il faut savoir qu'il y a aussi beaucoup de parents qui préfèrent garder leur enfant à domicile le midi. C'est même conseillé pour l'équilibre de l'enfant.
Professeur Pédro: Voilà qui nous éloigne du sujet initial mais, encore une fois, vous ne répondez que sur un seul des deux aspects de la question, celui qui vous arrange peut-être? Passons donc sur l'aspect nutritionnel que vous éludez pour aborder la question du trajet domicile-école. Vous affirmez que les écoles se trouvent "à proximité" des habitations. Soit, mais à partir de quelle distance considérez-vous qu'une école est ou n'est pas à proximité? 1 km? 2 kms? En l'absence de moyen de locomotion, vous feriez accomplir à un enfant de 3 ou 4 ans un trajet de cette distance 4 fois par jour (soit entre 4 et 8 kms de marche quotidienne)? Sans même parler des conditions météorologiques! Et quelles compétences pédiatriques ou psychologiques vous permettent-elles de savoir ce qui bon ou pas pour l'équilibre d'un enfant? Sur quelle étude vous appuyez-vous pour avancer qu'il est conseillé aux parents de reprendre leurs enfants le midi au lieu de les laisser déjeuner à la cantine? Qui conseille cela? Et dans quelles circonstances exactes? Tout cela manque bien trop d'éléments précis et d'argumentation scientifique pour être considéré sérieusement.
Quels sont les tarifs pratiqués à Troyes ?
« Le tarif normal est de 3,90 €, et devient dégressif à 3,50 € à partir du deuxième enfant. C'est une nouveauté cette année puisqu'avant, cela ne s'appliquait qu'au troisième. »
L'opposition réclame depuis des années l'instauration du quotient familial pour que les familles payent en fonction de leur revenu, quelle est votre position ?
« Ce n'est pas d'actualité à Troyes, c'est un choix politique, la Ville fait déjà beaucoup d'efforts. En lien avec le conseil général et Pôle Emploi, des aides financières sont apportées aux familles en difficulté, on ne peut pas nous reprocher ça ! Il faut savoir qu'un repas coûte 7,50 €, la moitié est prise en charge par la collectivité. »
Professeur Pédro: Je vous concède qu'il s'agit effectivement d'un choix politique, mais encore faut-il que celui-ci soit motivé par des arguments convaincants et non dicté par la seule autorité de telle ou telle idéologie. L'instauration d'un quotient familial est motivée par la volonté d'instaurer un principe de progressivité du coût pour les familles, comme pour l'impôt sur le revenu. Cet argument est naturellement critiquable mais encore faut-il préciser en quoi et selon quels présupposés? Ce que vous ne faites malheureusement pas.
Ensuite, que voudriez-vous que l'on vous reproche exactement? De ne pas laisser les gens qui ont des difficultés pouvoir bénéficier des aides sociales du Conseil général? Mais encore heureux que la municipalité ne les en empèche pas ! Ce serait un comble! Et quand bien même elle le souhaiterait, on voit mal comment elle pourrait s'y prendre.
De quelle manière la Ville de Troyes participe à ces aides d'ailleurs ? Si vous nous annonciez l'existence d'une aide financière spécifique pour la restauration scolaire pris en charge par notre commune ce serait un joli scoop, mais je ne crois pas vous avoir entendu l'évoquer. Au-delà de la prise en charge, évidente, d'une partie du coût du repas par la collectivité, peut-on donc vraiment appeler "effort" le simple fait de participer à l'information des usagers sur leurs droits?
Nogent-sur-Seine donnait jusqu'à cette année priorité aux parents qui travaillent. La Ville vient de changer son règlement intérieur pour éviter toute poursuite judiciaire. Qu'en pensez-vous ?
« Je suis au courant mais je n'ai pas à commenter ce que font les autres communes. »
Professeur Pédro: C'est bien dommage mais comme vous évoquiez vous-même la perspective de "revoir" votre propre règlement au début de l'entretien, il est facile d'en déduire que vous souhaitez donc vous inscrire dans la même ligne de conduite que la ville de Nogent-sur-Seine.
Alors qu'en pensez-vous : Repêchée au rattrapage notre Adjointe au Maire ou définitivement recalée ???
"Elémentaire, non ?" Professeur Pedro.
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Quelque part entre le Canard Enchainé et Sabine Paturel, le Petit Bouchon a pour vocation de tirer à l'aide de son pistolet éponyme sur tout ce qui l'amuse, le mérite ou simplement, le pousse.
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Rédigé par Petit Bouchon le Lundi 26 Septembre 2011 à 08:01
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