12 décembre 2011 - conseil municipal consacré entre autres choses au débat d'orientations budgétaires.


Une intervention longue, précise et circonstanciée de 8 feuillets pour dérouler avec méthode et détermination notre conception de la gestion de la Ville. Je ne pouvais pas faire moins pour ce débat d'orientations budgétaires. Il a pour but d'instaurer un débat au sein l'assemblée délibérante sur les priorités et la situation financière de la collectivité.

Présenté avant le vote du budget primitif, le débat d'orientations budgétaires peut – c'est en théorie le but d'un débat – permettre de prendre en compte les éléments apportés par les différentes composantes de la représentation municipale et peut être d'en intégrer une partie.

J'ai d'abord tenu à rappeler la ligne de conduite de notre groupe politique: Soutenir des propositions que nous estimons faisables, réalistes, et utiles à l'intérêt des Troyens, de tous les Troyens. Autrement dit, il s'agit de la ligne de conduite d'une opposition toujours exigeante, intransigeante parfois, mais jamais complaisante et toujours constructive.
Je suis intervenu sur trois aspects:

1) Une question de méthode. Reprenant une note du ministère de l'Economie et des finances à destination des communes, j'ai rappelé qu'il est souhaitable que le DOB ait lieu après l'examen du compte administratif afin de "Garantir le lien entre compte administratif et le DOB". Faute de cela, le débat est virtuel puisqu'il s'appuie sur les masses financières du budget primitif - c'est à dire sur un catalogue de bonnes intentions qui souvent ne se traduiront pas en investissements réalisés. L'an passé j'avais pointé un taux de réalisation très bas, de 51%. L'inénarrable Gérard Menuel n'avait rien trouvé de mieux à me répondre qu'il y avait eu de la neige. Cette fois ci, le député-maire adjoint Gérard Menuel a eu encore moins d'arguments puisqu'il s'est pris à regretter son ancienne opposition. Nous prenons cette attaque comme un compliment - involontaire de sa part - valant reconnaissance du travail que nous accomplissons.

2) Les chiffres présentés par le maire ne reflètent pas la santé financière réelle de notre collectivité. Contrairement à ce que prétend François Baroin, le maintien des taux d'imposition à leur niveau est un leurre qui masque mal une capacité d'autofinancement très faible (Troyes est 24e sur 32 communes de taille et de fiscalité comparable), le potentiel fiscal est au niveau de communes déshéritées de la région parisienne. Les marges de manoeuvre sont si faibles que la politique de "grands travaux" (encore 6 millions d'euros programmes pour la place de l'hôtel de ville) apparaît complètement décalée par rapport aux besoins réels de la population. Les tarifs municipaux qui augmentent sans être proportionnés aux revenus des familles créent de l'injustice et de l'exclusion. Rarement les inégalités se seront autant creusées que sous ce mandat de François Baroin.

3) Les investissements doivent être redéployés. J'ai voulu poser la question clé de ce débat. Améliorer le quotidien des Troyens et renforcer l'attractivité de la ville, qu'est ce que ça veut dire? Cela suppose de l'aménager avec discernement. Aménagement de la maison du tourisme sur le site de la Bourse du travail conçu comme l'entrée de ville; rapprochement des services de l'urbanisme et du secteur sauvegardé au plus près de l'hôtel de Ville - dans les murs de l'ancienne halte- garderie Saint-Jean; reconquête de l'île Fra For pour en faire le grand pôle muséal dédié à la bonneterie, à la culture industrielle que tous attendent en relation avec le conservatoire Lacoste. Notre vision est forte, cohérente et porteuse d'avenir. François Baroin préfère installer un centre commercial sans intérêt à la Bourse du travail; encombrer l'hypercentre transformé en décor d'opérette; expatrier le pôle muséal loin entre le Vouldy et le boulevard Pompidou afin de détourner les touristes des zones de chalandises du centre ville. Il se trompe gravement et par cette négligence cynique de ceux qui se pensent puissants, il oblitère dangereusement l'avenir de notre Ville.

Troyes est une ville qui fonctionne sans maire depuis trop d'années: chaque adjoint s'occupe avec un os à ronger; chacun protège sa chasse gardée et personne n'a de vision d'ensemble pour donner de la cohérence au tout. Prochainement, le conseil municipal votera l'avant-dernier budget de l'ère Baroin. Il faut vraiment que cesse cette gabegie.


Rédigé par Marc Bauland le Mercredi 14 Décembre 2011

Un peu de politique nationale pour distinguer l'analyse précise et les solutions efficaces avancées par Arnaud Montebourg face au discours lénifiant et aux solutions naïves d'un François Bayrou qui ne sait pas où il va. Extrait de l'émission "Des Paroles et Des Actes" - France 2, le 8 décembre 2011. Toute ressemblance avec des positionnements troyens ne serait que fortuite.


Rédigé par Marc Bauland le Samedi 10 Décembre 2011

Revue de presse. Entretien avec Libération Champagne paru le 8 décembre 2011. Marc Bauland va endosser le rôle de chef de file de l'opposition lors du prochain conseil municipal. Il passe en revue les dossiers majeurs de la municipalité


« Les Troyens sont prêts pour un changement politique »
Vous avez déclaré récemment que vous n'écartiez pas la possibilité de rejoindre le Parti socialiste. Où en êtes-vous dans cette démarche ?
« Au moment où votre article sera publié je ne serai plus président de la Fédération de l'Aube du Parti radical de gauche (*). C'est la conséquence logique de mon engagement lors de la primaire pour Arnaud Montebourg. J'ai été le seul élu de gauche dans l'Aube à officialiser mon soutien pour Arnaud Montebourg, à défendre une certaine idée du solidarisme, des services publics, et de la démondialisation. Aujourd'hui j'ai la responsabilité de porter les espoirs de 19% des électeurs de la primaire (24% sur Troyes). C'est donc tout naturellement que je vais demander mon adhésion au PS. J'observe également que depuis que je suis élu à Troyes, tous mes engagements locaux se sont faits avec mes collègues du PS. De fait, je travaille plus avec eux sur les dossiers troyens qu'avec mes amis radicaux de gauche. Olivier Girardin et Dimitri Sydor ont donné l'impulsion pour construire un PS renouvelé, rajeuni et j'espère modestement pouvoir y apporter ma pierre. »

Avez-vous l'intention de briguer une place particulière au sein du PS ?
« J'irai là où l'on pensera que je serai utile. Je n'ai qu'une priorité politiquement, en l'occurrence le terrain municipal auquel je consacre 100% de mon énergie. J'ai dirigé une Fédération pendant sept ans. C'est quelque chose qui prend beaucoup de temps. Aujourd'hui je veux me consacrer aux idées. Ce qui ne m'empêchera pas d'être un des animateurs du courant de pensée d'Arnaud Montebourg. »

Vous allez officiellement siéger lundi prochain lors de la séance du conseil municipal en qualité de chef de file de l'opposition de gauche, en lieu et place de Jaïm Myara. Quel est votre état d'esprit ?
« J'ai rarement ressenti autant de poids sur mes épaules. Jusqu'à présent je pouvais me sentir libre de porter l'estocade et de frapper fort contre la municipalité troyenne, mais j'ai désormais une exigence accrue de parler au nom d'un groupe, d'incarner une possible relève politique à Troyes. Il faut donc que nos interventions puissent convaincre les Troyens que l'alternative est là. Je me situe davantage dans la construction. Comme Jaïm Myara nous l'avait d'ailleurs inculqué, chacune de nos interventions sera assortie d'une proposition réaliste, faisable »

Le prochain conseil sera consacré aux orientations budgétaires. Comment vous positionnez-vous ?
« Tout investissement n'est pas nécessairement bon pour la collectivité. Lorsque le maire de Troyes prévoit 6 millions d'euros pour refaire la façade et la place de l'hôtel de ville, on ne voit pas l'utilité de consacrer une telle somme dans une période de crise. En revanche, lorsqu'il augmente les tarifs des transports en commun, comme ce fut le cas lors du dernier conseil du Grand Troyes, on ne peut que dénoncer son irresponsabilité. Dans la situation dans laquelle on se trouve, il faut bien au contraire baisser les tarifs de ces transports pour alléger le fardeau des habitants de l'agglomération et non les asphyxier. Les investissements utiles en cette période, sont ceux réalisés dans les services publics, pour maintenir le pacte social. Si le maire persiste à ne pas nous entendre, c'est tout le système Baroin qui s'effondrera comme un château de cartes. »

Une étude menée par l'organisme « Politic Angels » sur les finances des collectivités locales estime que la ville ne peut plus investir sans s'endetter depuis 2008. Ce constat vous inquiète t-il ?
« Oui, mais nous ne le découvrons pas. Les comptes de la ville sont faussés parce qu'une partie de la dette est remise dans le budget annexe du stationnement ce qui signifie que la dette par habitant est plus importante que les chiffres annoncés. De plus, une partie de la dette est également reportée sur le Grand Troyes. Ce qui veut dire que le diagnostic de Politic Angels mérite d'être pris au sérieux. La situation est tendue. Raison de plus pour éviter les dépenses de luxe en période de vache maigre. »

Dans le numéro de cette semaine de Marianne, François Baroin est épinglé pour sa gestion du Cub3 dont le déficit a été multiplié par sept entre 2009 et 2010. Cela vous surprend ?
« L'opposition plurielle a posé plusieurs fois la question de l'équilibre des comptes de cet équipement majeur de l'agglomération. Notre sentiment c'est qu'il faudrait que la collectivité reprenne la gestion du parc des expositions en régie pour s'assurer que les deniers publics soient bien gérés. Car il est incompréhensible que, malgré l'augmentation de la fréquentation, on soit passé d'un déficit de 62 000 euros en 2009 à 442 000 euros en 2010. En outre, les prix sont exorbitants et les chaises toujours d'aussi mauvaise qualité. »

Les entreprises s'activent sur le chantier de la Bourse du travail. Que savez-vous de l'évolution du dossier ?
« La prochaine fois que je verrai François Baroin, je lui redirai que notre centre-ville mérite une entrée de ville de grande qualité et que la Bourse du travail doit être cette entrée. J'ai en tout cas de nombreux témoignages de personnalités troyennes qui rejoignent notre analyse à savoir que faire un programme immobilier pour l'arrière de la Bourse du travail, contribuerait à dénaturer le site pour plus de 100 ans. Ce que l'on sait d'ores et déjà c'est que François Baroin ne pourra pas inaugurer le bâtiment avant février 2014 car les délais sont trops courts. Par conséquent je lui demanderai qu'on se mette autour de la table et que l'on trouve une solution commune qui fasse consensus. Actuellement la municipalité reste sur un projet commercial au rabais. On peut introduire sur le site des commerces, mais en faisant du qualitatif ! En intégrant des produits qui font la réputation et l'histoire de notre ville (textile, produits locaux, savoir-faire artisanal…) et en y ajoutant la mémoire industrielle et ouvrière »

Vous avez engagé la bataille de l'eau sur le terrain judiciaire. Cette affaire risque fort de trainer en longueur. Quelles actions allez-vous entreprendre d'ici la décision du tribunal ?
« Il faut dans un premier temps demander un audit sur l'économie globale du contrat. Combien ça coûte? Quels sont les investissements qui seront réalisés? Quelle est la durée d'amortissement ? Il est nécessaire par ailleurs d'effectuer des simulations de politique tarifaire pour faire en sorte que ceux qui font l'effort de réduire leur consommation d'eau soient encouragés et que les gros consommateurs payent un tarif de confort. Il n'est pas normal de payer au même tarif, l'eau qu'on boit et celle qui remplit la piscine. Dans l'attente du jugement, nous allons devoir travailler sur deux scénarios, la délégation de service public et la régie municipale. N'est-il pas préférable, d'un point de vue qualitatif, que la collectivité reprenne la responsabilité de la gestion des installations et de la distribution ? Ce sera en tout cas la mission du Collectif eau publique que nous allons lancer au premier trimestre. Etre un centre de ressources et d'expertises pour aider les élus à se décider. »

François Baroin était absent lors du dernier conseil du Grand Troyes. Jaïm Myara avait déjà évoqué par le passé les absences répétées du premier magistrat. Est-ce un souci selon vous pour la gestion municipale et celle du Grand Troyes ?
« Je crains que sa présence ne change rien. Il faut qu'il se mette enfin à prendre en compte nos remarques. J'ai le sentiment qu'il est aussi inutile à Paris qu'à Troyes si l'on en juge par le classement des ministres des finances européens où il ne brille pas. Je crois que les Troyens se rendent compte qu'un changement complet d'équipe est nécessaire. Notre objectif est de préparer une équipe et un projet le jour J. La magie Baroin n'opère plus. Pour nous, l'heure de la reconquête a sonné. »

(*) Lors de l'assemblée générale du Parti radical qui s'est déroulée hier soir, Marc Bauland a remis son mandat de président.

Propos recueillis par Gaël PADIOU
Rédigé par Marc Bauland le Jeudi 8 Décembre 2011

Profil
Marc Bauland
Marc Bauland
Conseiller municipal (PS) de Troyes / Conseiller communautaire du Grand Troyes

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