Troyes au jour le jour
La réouverture du canal de la haute Seine sur une portion de 115 m fait couler de l'encre et va sans doute déchaîner les passions à Troyes ces prochains mois. Voici les arguments simples qui ont motivé notre opposition à ce projet.
1) contrairement à ce que prétend Dominique Boisseau, le maire adjoint UMP en charge de la requalification, ce canal ne reliera pas la tête et le corps du bouchon mais il les séparera. Il aurait mieux valu ne pas réouvrir le canal et aménager une vraie promenade sur les allées et le terre-plein central.
2) Les travaux mal pensés, mal conçus commencent avant même que le projet définitif soit dessiné. La méthode Boisseau ressemble fort à de la chirurgie de barbier: on ouvre, on voit ce qu'on trouve et on verra ce qu'on fait.
Le minimum aurait été d'informer la représentation municipale et les riverains en présentant un ou plusieurs avant-projets et de les soumettre à discussion. Mais comme pour la Bourse du Travail, la politique du fait accompli et l'improvisation semble de rigueur
3) Le coût de ces travaux est très important et ne cessera d'augmenter. Si l'évaluation approximative est de 5 200 000 euros pour l'ensemble de l'opération, je tiendrai un "barointhon" du canal pour comptabiliser toutes les dépenses engagées sur ce tronçon. Intéressant de voir jusqu'où François Baroin -chargé à Paris de réduire les dépenses inutiles- compte pousser le gaspillage des deniers publics dans sa propre ville.
4) Les conséquences de ces travaux n'ont même pas été évaluées. D'ores et déjà, le centre ville est devenu impraticable en voiture ou à vélo à partir de 16h00. Les commerçants vont souffrir eux aussi pendant toute la durée des travaux. Mais après? Personne ne connaît l'impact de cet aménagement après l'achèvement du chantier. On joue aux apprentis sorciers en prétendant remanier un axe de circulation historique de la ville.
5) la seule certitude est que la suppression des nombreuses places de stationnement conduira à remplir le Parking Libération/cathédrale, géré par la société d'économie mixte Troyes Parc Auto dont je vous laisse deviner le nom du président.
Pourquoi François Baroin s'entête-t-il à soutenir ce chantier? Il faut revenir à l'ambiance particulière des municipales de 2008. François Baroin qui n'avait guère de programme s'était dérobé à tout débat contradictoire avec ses challengers. Lui ou son équipe ont alors lancé en pâture à la presse le grand projet de "rouvrir le canal jusqu'à la Chapelle Saint-Luc". Seulement voilà. Ce n'est pas tout de se faire réélire. Après, il faut tenir ses engagements. Ce qui n'est pas le fort du ministre-maire de Troyes.
Deux ans plus tard, la réalité du terrain et les réalités financières rattrapent le maire de Troyes et il abandonne toute l'idée ou presque. Comme il lui est impossible de renier toutes ses promesse au risque de perdre la face, il opte pour le projet minimal : découvrir l'eau jusqu'au théâtre de Champagne. L'enveloppe financière attribuée au projet flottait entre 4 et 8 millions d'euros. La jauge est finalement fixée autour de 5.2 millions d'euros sans qu'on sache exactement ce que cette somme recouvre.
Que proposions nous à la place? Nous avons tendu une perche au maire au moment du dévoilement du plan d'action municipale. Pour le même budget, l'aménagement de la boucle de la Seine - allée piétonne, voies cyclables - autour de la tête du bouchon de Champagne aurait été considérée par tous comme une belle réussite urbaine et environnementale. Mais le dogmatisme et le sentiment de supériorité l'auront emporté dans l'entêtement d'une majorité incapable de mesurer les attentes du terrain ou même d'entendre ce que les citoyens ont à dire.
Ce dossier mal conduit pèsera lourd sur les prochains scrutins locaux.
1) contrairement à ce que prétend Dominique Boisseau, le maire adjoint UMP en charge de la requalification, ce canal ne reliera pas la tête et le corps du bouchon mais il les séparera. Il aurait mieux valu ne pas réouvrir le canal et aménager une vraie promenade sur les allées et le terre-plein central.
2) Les travaux mal pensés, mal conçus commencent avant même que le projet définitif soit dessiné. La méthode Boisseau ressemble fort à de la chirurgie de barbier: on ouvre, on voit ce qu'on trouve et on verra ce qu'on fait.
Le minimum aurait été d'informer la représentation municipale et les riverains en présentant un ou plusieurs avant-projets et de les soumettre à discussion. Mais comme pour la Bourse du Travail, la politique du fait accompli et l'improvisation semble de rigueur
3) Le coût de ces travaux est très important et ne cessera d'augmenter. Si l'évaluation approximative est de 5 200 000 euros pour l'ensemble de l'opération, je tiendrai un "barointhon" du canal pour comptabiliser toutes les dépenses engagées sur ce tronçon. Intéressant de voir jusqu'où François Baroin -chargé à Paris de réduire les dépenses inutiles- compte pousser le gaspillage des deniers publics dans sa propre ville.
4) Les conséquences de ces travaux n'ont même pas été évaluées. D'ores et déjà, le centre ville est devenu impraticable en voiture ou à vélo à partir de 16h00. Les commerçants vont souffrir eux aussi pendant toute la durée des travaux. Mais après? Personne ne connaît l'impact de cet aménagement après l'achèvement du chantier. On joue aux apprentis sorciers en prétendant remanier un axe de circulation historique de la ville.
5) la seule certitude est que la suppression des nombreuses places de stationnement conduira à remplir le Parking Libération/cathédrale, géré par la société d'économie mixte Troyes Parc Auto dont je vous laisse deviner le nom du président.
Pourquoi François Baroin s'entête-t-il à soutenir ce chantier? Il faut revenir à l'ambiance particulière des municipales de 2008. François Baroin qui n'avait guère de programme s'était dérobé à tout débat contradictoire avec ses challengers. Lui ou son équipe ont alors lancé en pâture à la presse le grand projet de "rouvrir le canal jusqu'à la Chapelle Saint-Luc". Seulement voilà. Ce n'est pas tout de se faire réélire. Après, il faut tenir ses engagements. Ce qui n'est pas le fort du ministre-maire de Troyes.
Deux ans plus tard, la réalité du terrain et les réalités financières rattrapent le maire de Troyes et il abandonne toute l'idée ou presque. Comme il lui est impossible de renier toutes ses promesse au risque de perdre la face, il opte pour le projet minimal : découvrir l'eau jusqu'au théâtre de Champagne. L'enveloppe financière attribuée au projet flottait entre 4 et 8 millions d'euros. La jauge est finalement fixée autour de 5.2 millions d'euros sans qu'on sache exactement ce que cette somme recouvre.
Que proposions nous à la place? Nous avons tendu une perche au maire au moment du dévoilement du plan d'action municipale. Pour le même budget, l'aménagement de la boucle de la Seine - allée piétonne, voies cyclables - autour de la tête du bouchon de Champagne aurait été considérée par tous comme une belle réussite urbaine et environnementale. Mais le dogmatisme et le sentiment de supériorité l'auront emporté dans l'entêtement d'une majorité incapable de mesurer les attentes du terrain ou même d'entendre ce que les citoyens ont à dire.
Ce dossier mal conduit pèsera lourd sur les prochains scrutins locaux.
Rédigé par Marc Bauland le Mardi 5 Octobre 2010
Profil
Marc Bauland
Conseiller municipal (PS) de Troyes / Conseiller communautaire du Grand Troyes
A votre rencontre:
- le dernier mercredi de chaque mois de 18h30 à 20h30 à la Brasserie des Halles (café citoyen)
- le vendredi entre 9h00 et 12h00 sur RDV au bureau des élus de gauche, 78 bis rue Urbain IV.
contact:
mail: marc.bauland@troyespourtous.com
portable: 06 52 11 64 85
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