Points de vue
Tribune à paraître dans Press Troyes en octobre 2010
Les paroles du ministre-maire des Troyes sont aussi glissantes et incertaines que les pavés de Troyes un jour de pluie
La politique du fait accompli est toujours la pire des solutions. Pourtant, cette technique qui consiste pour une majorité en difficulté à passer en force sur tous les dossiers est devenue un mode de gouvernance ordinaire.
C'est vrai à Paris où le gouvernement s'apprête à imposer une réforme des retraites sans avoir tenu compte des propositions des syndicats. C'est aussi vrai à Troyes où aucun dossier emblématique n'est présenté pour concertation aux élus: Copainville, Menois, Lamoura, l'aménagement de l'Ilôt Bourse du travail/Jean Jaurès, etc. La liste des dossiers mal ficelés qui atterrissent au dernier moment devant le conseil municipal s'allonge de jour en jour.
Pourtant, en public, le discours du maire de Troyes se veut conciliant...
1) La Bourse du travail: tout ce qu'il ne fallait pas faire...
« De toute façon, cette opération ne pourra se faire que si un consensus se dégage avec les syndicats. L'endroit est trop symbolique pour que je cherche à imposer quoi que ce soit », avait déclaré François Baroin à Libération Champagne en janvier 2001.
Deux mandats plus tard, le maire a évidemment renié ses belles paroles. Le devenir du site de la Bourse du travail n'a fait l'objet d'aucun débat préalable. Des études ont été externalisées en toute discrétion à un cabinet qui a remis des conclusions bâclées et sans le minimum de rigueur exigible pour ce genre de prestations (pour un coût de 20 000 euros en 2009 et 30 000 euros en 2010): un sondage aux questions faussées, et des conclusions tronquées sur la « potentialité commerciale du site ». On n'aurait pas imaginé que puisse être prise la décision d'aménager une grande surface alimentaire dans le centre ville sans s'être renseigné au moins sur le chiffre d'affaires des surfaces alimentaires déjà présentes sur le centre ville! C'est pourtant ce qui a été fait.
Il reste peut être une chance de reprendre sérieusement le dossier. Le 1er juillet, François Baroin a fait voter au conseil municipal le lancement d'une consultation sur la concession d'aménagement du site de la Bourse du travail. Mais le texte voté par sa majorité n'indiquait pas le contenu ni les conditions du programme d'aménagement, alors que le code de l'urbanisme l'impose. C'est pourquoi, avec Alain Carsenti et Jaim Myara, nous avons décidé de demander au tribunal administratif d'annuler cette délibération incomplète. Si notre recours aboutit, le maire ne pourra plus passer ce dossier au conseil sans un minimum d'information et de concertation.
2) La politique de cessions immobilières: plus qu'un symbole
Changement de casquette. Au mois de juin dernier, le ministre de budget, François Baroin dévoilait officiellement le plan de cession de 1700 biens immobiliers appartenant à l'État, – c'est à dire à nous tous – sur une durée de quatre ans. Naturellement, pas question pour notre maire devenu grand argentier du gouvernement d'avouer qu'il est contraint de céder les bijoux de famille pour combler le déficit abyssal des comptes publics imputable au bouclier fiscal et autres exonérations réservées aux plus hauts revenus. « Notre objectif n'est pas de vendre pour vendre » confiait François Baroin. L'État s'engage à ne pas céder ses biens « en dessous de la valeur vénale estimée », assurait encore le ministre du Budget.
Sauf qu'à Troyes, la même politique de vente du patrimoine public avait vu François Baroin proposer à la vente le domaine de Menois à un acquéreur privé pour 42% de son estimation domaniale en 2009! Sans la mobilisation de l'opposition, Menois serait aujourd'hui hors du patrimoine public à des conditions de prix inacceptables. Le ministre du budget pouvait il l'ignorer? En juin, le ministre François Baroin savait bien qu'en tant que maire il s'apprêtait à vendre l'ancienne mairie annexe du point du jour pour 190 000 euros, en dessous de son estimation domaniale (223 600 euros) et à brader un trou d'eau pour 15 000 euros (estimation de 27 000 à 31 000 euros).
Ainsi, François Baroin n'est pas une erreur de casting dans un gouvernement Sarkozy en fin de course où la communication remplace l'action. Il y a au contraire bien sa place. Mais à Paris comme à Troyes les faits sont têtus et il était bon de rappeler par les deux exemples que nous venons d'évoquer que le double langage et les abus de pouvoir font plus que discréditer leurs auteurs. Ils creusent le fossé entre les citoyens et les politiques et font le lit du populisme et de l'extrême droite.
La cohérence impose donc de faire du respect de ses engagements une valeur essentielle de l'action publique. Aidons les citoyens à faire le tri.
C'est vrai à Paris où le gouvernement s'apprête à imposer une réforme des retraites sans avoir tenu compte des propositions des syndicats. C'est aussi vrai à Troyes où aucun dossier emblématique n'est présenté pour concertation aux élus: Copainville, Menois, Lamoura, l'aménagement de l'Ilôt Bourse du travail/Jean Jaurès, etc. La liste des dossiers mal ficelés qui atterrissent au dernier moment devant le conseil municipal s'allonge de jour en jour.
Pourtant, en public, le discours du maire de Troyes se veut conciliant...
1) La Bourse du travail: tout ce qu'il ne fallait pas faire...
« De toute façon, cette opération ne pourra se faire que si un consensus se dégage avec les syndicats. L'endroit est trop symbolique pour que je cherche à imposer quoi que ce soit », avait déclaré François Baroin à Libération Champagne en janvier 2001.
Deux mandats plus tard, le maire a évidemment renié ses belles paroles. Le devenir du site de la Bourse du travail n'a fait l'objet d'aucun débat préalable. Des études ont été externalisées en toute discrétion à un cabinet qui a remis des conclusions bâclées et sans le minimum de rigueur exigible pour ce genre de prestations (pour un coût de 20 000 euros en 2009 et 30 000 euros en 2010): un sondage aux questions faussées, et des conclusions tronquées sur la « potentialité commerciale du site ». On n'aurait pas imaginé que puisse être prise la décision d'aménager une grande surface alimentaire dans le centre ville sans s'être renseigné au moins sur le chiffre d'affaires des surfaces alimentaires déjà présentes sur le centre ville! C'est pourtant ce qui a été fait.
Il reste peut être une chance de reprendre sérieusement le dossier. Le 1er juillet, François Baroin a fait voter au conseil municipal le lancement d'une consultation sur la concession d'aménagement du site de la Bourse du travail. Mais le texte voté par sa majorité n'indiquait pas le contenu ni les conditions du programme d'aménagement, alors que le code de l'urbanisme l'impose. C'est pourquoi, avec Alain Carsenti et Jaim Myara, nous avons décidé de demander au tribunal administratif d'annuler cette délibération incomplète. Si notre recours aboutit, le maire ne pourra plus passer ce dossier au conseil sans un minimum d'information et de concertation.
2) La politique de cessions immobilières: plus qu'un symbole
Changement de casquette. Au mois de juin dernier, le ministre de budget, François Baroin dévoilait officiellement le plan de cession de 1700 biens immobiliers appartenant à l'État, – c'est à dire à nous tous – sur une durée de quatre ans. Naturellement, pas question pour notre maire devenu grand argentier du gouvernement d'avouer qu'il est contraint de céder les bijoux de famille pour combler le déficit abyssal des comptes publics imputable au bouclier fiscal et autres exonérations réservées aux plus hauts revenus. « Notre objectif n'est pas de vendre pour vendre » confiait François Baroin. L'État s'engage à ne pas céder ses biens « en dessous de la valeur vénale estimée », assurait encore le ministre du Budget.
Sauf qu'à Troyes, la même politique de vente du patrimoine public avait vu François Baroin proposer à la vente le domaine de Menois à un acquéreur privé pour 42% de son estimation domaniale en 2009! Sans la mobilisation de l'opposition, Menois serait aujourd'hui hors du patrimoine public à des conditions de prix inacceptables. Le ministre du budget pouvait il l'ignorer? En juin, le ministre François Baroin savait bien qu'en tant que maire il s'apprêtait à vendre l'ancienne mairie annexe du point du jour pour 190 000 euros, en dessous de son estimation domaniale (223 600 euros) et à brader un trou d'eau pour 15 000 euros (estimation de 27 000 à 31 000 euros).
Ainsi, François Baroin n'est pas une erreur de casting dans un gouvernement Sarkozy en fin de course où la communication remplace l'action. Il y a au contraire bien sa place. Mais à Paris comme à Troyes les faits sont têtus et il était bon de rappeler par les deux exemples que nous venons d'évoquer que le double langage et les abus de pouvoir font plus que discréditer leurs auteurs. Ils creusent le fossé entre les citoyens et les politiques et font le lit du populisme et de l'extrême droite.
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Rédigé par Marc Bauland le Lundi 27 Septembre 2010
Profil
Marc Bauland
Conseiller municipal (PS) de Troyes / Conseiller communautaire du Grand Troyes
A votre rencontre:
- le dernier mercredi de chaque mois de 18h30 à 20h30 à la Brasserie des Halles (café citoyen)
- le vendredi entre 9h00 et 12h00 sur RDV au bureau des élus de gauche, 78 bis rue Urbain IV.
contact:
mail: marc.bauland@troyespourtous.com
portable: 06 52 11 64 85
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