Notre ville a des racines, donnons lui des ailes!

Conseil communautaire du Grand Troyes: les conseillers municipaux de l'opposition troyenne ont voté contre le budget.



Au 1er janvier 2011, l’endettement de notre agglomération aurait dû être plus important que 70 millions d’euros, ce qui est déjà beaucoup. Et tout le monde de se féliciter alors que la raison essentielle est que les investissements prévus en 2010 n’ont été réalisés qu’à 50% ! Ce fait important a deux conséquences à mes yeux :

- toutes les annonces faites par notre Ministre - Maire sur les prévisions d’investissements pour 2001 de l’ordre de 30 millions € sont fausses, puisque nous savons à l’avance qu’il sera impossible de les réaliser. Nous sommes dans une politique de communication qui repose sur des allégations farfelues !

- nous ne pouvons pas évaluer la pertinence des choix budgétaires affichés, alors même que nous ne sommes pas en capacité de maîtriser le budget. Nous passons des heures à débattre sur la base d’hypothèses de travail complètement irréalistes.

Au moment où l’argent public se fait rare, les frais de fonctionnement du Grand Troyes subissent une augmentation de 3,08 % ! Cela veut dire que nous n’arrivons pas à appréhender correctement nos dépenses. La plus belle illustration réside dans l’augmentation démesurée des coûts de la TCAT, qui nous oblige soudain à provoquer un audit pour comprendre la situation de cet organisme, dépendant entièrement de notre collectivité. Et les solutions envisagées sont souvent celles d’augmenter les tarifs, alors que le fond du problème est la non maîtrise de nos coûts.

En fait, nous subissons les événements sans les contrôler !

Il nous faut très vite retrouver de la Rigueur dans notre gestion. Je parle de Rigueur et non pas d’Austérité.

Par ailleurs ce budget est la suite logique du débat sur les orientations budgétaires du mois de décembre 2010. Et à aucun endroit il n’est tenu compte des propositions faites à ce moment.
Ces jours-ci le Figaro titrait « 2010, année horrible pour l’emploi », et Libération Champagne mentionnait un « nouveau bond » du chômage dans l’Aube.

Or rien dans ce budget ne répond à cette préoccupation majeure de nos concitoyens !

Nous voulons nous préoccuper des jeunes, mais les choix faits dans l’Enseignement Supérieur ne sont que de la poudre aux yeux et ne répondent pas non plus aux besoins de notre jeunesse.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, ce budget n’est pas crédible et je voterai contre.

Jaïm Myara

Rédigé par Jaïm Myara le Vendredi 28 Janvier 2011 à 23:38

Tribune parue dans Press Troyes - janvier 2011


Faisons un rêve et réalisons-le !
L’année 2010 s’achève dans un climat général morose. Pour la plupart de nos concitoyens les incertitudes sont de plus en plus grandes et c’est dans ce contexte que nous sera présenté, fin janvier, le budget 2011 de la ville de Troyes.
A l’avance nous connaissons les rengaines de la majorité municipale, l’autosatisfaction étant le refrain le plus stupéfiant ! Aussi je ne vais pas tomber dans la même caricature et dénigrer la mauvaise gestion de notre ville, même si, je peux vous l’assurer, c’est le cas.
Avec mes amis de l’opposition de gauche, nous souhaiterions être mieux écoutés, car nos interventions, dans les commissions et conseils municipaux, sont toutes des propositions constructives proches des préoccupations des Troyennes et des Troyens.
Depuis près de trois ans au sein de ce conseil municipal, je m’aperçois toujours que l’essentiel n’est pas traité. Pour ceux d’entre nous qui sommes parents, nous voyons nos enfants faire leurs études supérieures et ensuite trouver un job ailleurs qu’à Troyes. Et pour ceux qui ont un parcours plus court, les emplois sont de plus en plus rares.
En fait la jeunesse qui reste à Troyes est souvent celle qui n’a pas les moyens de quitter la ville et qui par conséquent court après les petits boulots, pour se retrouver fréquemment au chômage.
C’est bien de transformer notre ville en une jolie bonbonnière, mais encore faudra-t-il un jour se pencher sur les moyens de la rendre plus vivante, plus dynamique, pour que nous puissions voir nos jeunes s’y épanouir.
J’entends déjà l’éloquence du maire adjoint à la culture vanter les mérites de l’action menée pour développer l’enseignement supérieur. Mais il faut être aveugle pour ne pas voir que ce ne sont pas nos jeunes qui vont à l’UTT ou à l’Ecole Supérieure de Commerce. Et combien de ces jeunes-là restent chez nous pour y travailler ? Bien sûr c’est bien pour l’image de la ville, et pour ceux qui la dirigent et vivent à Paris !
Quelles que soient nos opinions politiques, nous devrions être mobilisés, et ce avec l’appui de nos concitoyens, dans deux axes majeurs : l’Economie, parce qu’elle crée l’emploi, et l’Enseignement Supérieur traditionnel, parce que c’est notre jeunesse qui pourrait en profiter.
Faire venir des entreprises à Troyes et son agglomération est une affaire de longue haleine, et ce ne sont pas les petites mesurettes actuelles qui vont y contribuer. Consacrons un budget conséquent pour cette recherche avec un organisme, financièrement dépendant de la ville et du Grand Troyes, avec la participation de la Chambre de Commerce et de l’Industrie.
Même si cela nécessite des budgets de fonctionnement importants, c’est le seul moyen pour espérer voir un jour cette ville se réveiller. En ce qui me concerne, je serai ravi qu’un tel investissement soit réalisé, en sachant que c’est une entreprise difficile et longue, mais mieux vaut tard que jamais.
La vraie bataille de l’enseignement supérieure est ailleurs : l’université de Reims ne peut à elle seule détenir sur un plan géographique le monopole des sciences, des lettres, de la médecine, … Pourquoi ne pas faire ce que nous avons réussi avec l’IUT, et développer beaucoup plus les cursus actuels pour aboutir à de vraies annexes complètes de l’Université de Reims ? Le coût pour les familles serait nettement plus bas et les conditions d’études seraient meilleures pour notre jeunesse.
D’autres projets plus lointains et problématiques devraient tous nous unir pour aboutir au désenclavement de notre ville : Troyes-Paris en 1 heure, Troyes-Reims en 50 minutes, Troyes-Dijon en 1 heure, et ceci par le train.
Mais cela est peut être un rêve. Encore faut-il, pour qu’il ait une chance de se réaliser, que nous le voulions. Dans cette période de vœux pour 2011, est-ce si déraisonnable de le désirer ?
A toutes les Troyennes et tous les Troyens, je souhaite une très belle année 2011, espérant qu’elle verra se réaliser tous vos projets.

Rédigé par Jaïm Myara le Lundi 3 Janvier 2011 à 17:21

Le projet d'extension de l'ESC: 30 millions d'euros


Enseignement Supérieur
Monsieur le Président,
mes chers collègues,

Mon intervention sur le projet qui vient de nous être présenté est tout à fait personnelle et ne peut pas être considérée comme une prise de position politique. D’abord je ne peux que souscrire à tout investissement qui permet de développer l’enseignement supérieur dans notre agglomération. Et il est difficile pour tout un chacun de mesurer les retombées économiques à moyen et long terme d’un tel engagement.
Cependant cela ne veut pas dire qu’au nom de ce principe « politiquement correct », il faille aveuglément foncer dans cette voie sans éliminer préalablement de nombreuses interrogations. Sans entrer dans un premier temps dans le mécanisme financier et la participation de notre collectivité au développement de l’ESC, la question la plus importante à mes yeux est de connaître la légitimité profonde de ce projet, c’est-­à-­dire la pertinence de l’ambition affichée au regard du marché national et international des écoles de commerce.
Dans l’état actuel de mes informations, et je fais référence au dossier paru dans l’Express du 10 novembre 2010, l’ESC de Troyes est classée au 28° rang des écoles de commerce sous l’angle de l’excellence académique (Reims est 9°), et seulement 39° du point de vue Professionnel (Reims est 7°), et ce sur un total de 41 écoles. Je veux donc comprendre comment cela sera-­t-­il possible de progresser dans ces évaluations qui sont capitales pour le futur de l’ESC. Ce sont les anciens qui font la réputation d’une école, et dans le système de sélection opéré nous savons que les meilleurs éléments font leur choix en fonction de ces données.
Nous ne sommes pas dans un système universitaire traditionnel qui délivre des diplômes identiques pour tous les étudiants. Je suppose même, pour que ce challenge soit réussi, qu’il faudra aussi avoir des budgets de fonctionnement à la hauteur des ambitions affichées. Ce qui va supposer, qu’une fois les travaux réalisés, nous serons sollicités dans les augmentations des dépenses de fonctionnement, et ce d’autant plus que nous ferions partie intégrante de la gouvernance de l’école. Ou alors si les moyens sont toujours identiques, il sera difficile de concurrencer les autres écoles. Par ailleurs faire des comparaisons avec l’UTT n’a pas de sens. Rappelons une évidence : l’UTT est une université, créée grâce au Département et avec l’appui de toutes les collectivités, dans un cadre défini par l’Etat. Ici nous ne sommes pas dans le même cas de figure. Il aurait d’ailleurs été intéressant que l’Etat soit associé à ce projet. Ce qui n’est pas le cas. C’est un des points qui me chagrine. Seules les 3 collectivités (Grand Troyes, Département, Région) vont financer ce développement, ce qui veut dire que cela ne rentre pas dans la vision globale de l’Université au regard des pouvoirs publics. Pour l’état c’est une école privée, certes d’enseignement supérieur, mais qui est à la seule charge de ses actionnaires.
Or ces mêmes actionnaires ne vont mettre que 5 millions €, laissant les 3 autres collectivités financer l’essentiel, 25 millions €, en modifiant bien sûr la gouvernance de l’ensemble, ce qui sera un moyen supplémentaire de combler les éventuels déficits futurs dans le fonctionnement.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres que je ne veux pas aborder ce soir, il me paraît insensé de voter ce projet dans l’état actuel. La grenouille ne peut pas se faire aussi grosse que le boeuf !
Revenons à un projet plus modeste qui puisse améliorer les conditions de travail actuelles, sans avoir une vision démesurée du développement de l’ESC.

Jaïm Myara

Tags : Grand Troyes
Rédigé par Jaïm Myara le Samedi 11 Décembre 2010 à 01:36

Intervention sur les orientations budgétaires lors du conseil communautaire du vendredi 10 décembre.


Débat sur les Orientations Budgétaires
Monsieur le Président,
Mes chers collègues,

Ce débat sur les Orientations Budgétaires se fait comme vous le savez dans un contexte particulier, puisque nous sommes entrés dans une zone de turbulences importantes, liées à la fois à la réforme de la Taxe professionnelle et à celle des collectivités territoriales qui la suit.
Je ne vais pas entrer dans un déballage de chiffres qui pourrait masquer l’essentiel de mon propos. En fait comme l’explique bien M. Balland notre endettement progresse d’une façon importante et justifie le fait d’envisager le budget 2011 dans une grande prudence au niveau des investissements pour ne pas mettre en danger les équilibres financiers du Grand Troyes.
Si 2011 verra ses recettes garanties par l’Etat, il n’en est rien des exercices suivants et beaucoup d’incertitudes planent sur nos rentrées. La situation économique actuelle des entreprises nous laisse à penser que nos rentrées fiscales pourraient baisser dans un proche avenir. Notre endettement augmente beaucoup, et si depuis quelques mois nous bénéficions d’un loyer de l’argent bas, qu’en sera-­t-­il dans les mois qui viennent ? Cela a des conséquences directes sur une partie de notre endettement et donc sur les charges liées à la dette. Or des signes actuels laissent à penser que les taux augmentent. Ce qui aurait comme autre conséquence de limiter nos capacités d’investissement.
Ainsi le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, écrivait en septembre que « les mesures d’austérité adoptées en Europe vont inévitablement entraîner un ralentissement de la croissance ». Et de rajouter un peu plus loin au sujet des plans d’austérité nécessaires : « ce sont les pauvres, ceux qui bénéficient le plus des systèmes de redistribution, qui vont en pâtir les premiers ». (Express du 22 septembre 2010)
Ceci m’amène à penser qu’il nous faut faire des choix judicieux pour le budget 2011, en fixant des priorités qui puissent surtout concerner directement nos concitoyens du Grand Troyes. En ce qui me concerne, il me semble que tout ce qui touche à l’économie et à l’emploi devrait prendre une place prépondérante dans le budget 2011 et suivants. Et ce d’autant plus que les agglos se voient davantage concernées par cette compétence, aux dépens des Régions et Départements. Prenons ainsi l’exemple de la ville de Reims et de Reims Métropole qui sont actionnaires, 40% et 20%, avec la CCI, 40%, d’un outil performant : « Invest in Reims », outil qui leur permet de faire venir de très nombreuses entreprises et par là même de créer des milliers d’emplois. Je serai très favorable à ce que notre Grand Troyes s’engage davantage dans ce type d’action. Bien sûr cela devra se faire en coordination étroite avec la CCI de l’Aube, et personnellement je suis prêt à participer à une réflexion permettant d’aboutir à une ambition économique digne de ce nom pour le Grand Troyes. Pour terminer il me faut signaler le bon travail réalisé dans la commission finances, où il m’est agréable de participer régulièrement (3 réunions pour la préparation de ce conseil).

Jaïm Myara

Rédigé par Jaïm Myara le Samedi 11 Décembre 2010 à 01:26
Rigueur, vous avez dit rigueur?
Voilà un mot qui semble gêner certains acteurs de la vie publique et en particulier ceux du gouvernement. Pour nous qui siégeons au Conseil municipal de Troyes, dans l’opposition de gauche, nous l’utilisons fréquemment car nous sommes inquiets et très critiques sur la gestion de notre collectivité.

Dans ces temps de perturbations des marchés financiers, nos gouvernants sont en train de nous préparer à l’idée qu’il va falloir faire des sacrifices et de ce fait le ministre du budget va donc demander aux collectivités de serrer davantage leurs coûts de fonctionnement.

Mais depuis le début de cette mandature en mars 2008, nous avons dénoncé à maintes reprises le manque de rigueur dans la conduite des affaires de la ville de Troyes.

Quand la municipalité donne sa garantie sur des emprunts entachés par des produits toxiques, elle met en danger les finances de notre collectivité pour des montants très importants et cette menace planera sur nos comptes pendant de longues années, malgré notre mise en garde.

Quand le Maire fait procéder à des études onéreuses, confiées à des cabinets externes, pour que les conclusions justifient les orientations déjà prises par sa majorité, nous dénonçons ouvertement un manque de sérieux dans l’utilisation des fonds publics. Ainsi, il y a quelques semaines une enquête a été diligentée pour connaître l’intérêt d’avoir un nouveau commerce de proximité en centre ville. Mais à aucun moment il n’a été précisé dans cette enquête que cela concernait l’emplacement actuel de la Bourse du Travail. Cela a été fait en dépit de nos protestations et à des coûts qui démontrent une fois encore le manque de rigueur dans la gestion de notre ministre-maire.

Dans la presse locale nous avons pu lire ces dernières semaines toutes les interrogations liées au projet de développement de l’hôpital de Troyes. Ainsi nos concitoyens qui vont voir leur famille hospitalisée ne payent pas le parking public proche de cet établissement. Or des élus de la majorité municipale suggèrent de le transformer en parking payant, ce qui amènerait des recettes supplémentaires à la ville et des coûts plus importants pour la population.

Pour nous la « rigueur » ce n’est pas baisser les dépenses, et faire payer plus nos concitoyens. Or, il semble bien que pour la majorité municipale cette ligne de conduite sera suivie pour la préparation du futur budget 2011 : les impôts locaux n’augmenteront pas d’une façon directe, mais les prestations actuelles seront à nouveau réduites, et les charges indirectes augmentées (parking etc.)

Une autre approche est possible. L’urgence est d’abord sociale. Comment aider les troyens quand nous entendons que le prix de l’énergie continue d’augmenter, quand ils éprouvent de graves difficultés à retrouver un emploi ? Comment faciliter l’accès au logement à un prix plus abordable ? Comment aider nos enfants à accéder à une vraie école gratuite pour tous, à des cantines de qualité ? Comment améliorer la sécurité dans nos quartiers ? Comment faciliter l’accès aux transports en commun ?

Nous pensons que ces objectifs peuvent être atteints à la condition de faire d’autres choix budgétaires que ceux qui nous sont régulièrement proposés par la majorité actuelle. Notre groupe de gauche sera attentif à cette démarche comme il l’est depuis deux ans. Nous ferons à chaque fois des propositions dans le seul intérêt de nos concitoyens.

Oui nous sommes favorables à la rigueur dans notre gestion locale ou nationale, mais nous ne voulons pas d’une politique qui consiste à se désengager des services publics et qui précipite ainsi la majorité de nos concitoyens dans des difficultés supplémentaires.


Jaïm MYARA

Conseiller Municipal PS

Press'Troyes Juin 2010

Rédigé par Jaïm Myara le Mercredi 25 Août 2010 à 23:29