Notre ville a des racines, donnons lui des ailes!
Le projet d'extension de l'ESC: 30 millions d'euros
Monsieur le Président,
mes chers collègues,
Mon intervention sur le projet qui vient de nous être présenté est tout à fait personnelle et ne peut pas être considérée comme une prise de position politique. D’abord je ne peux que souscrire à tout investissement qui permet de développer l’enseignement supérieur dans notre agglomération. Et il est difficile pour tout un chacun de mesurer les retombées économiques à moyen et long terme d’un tel engagement.
Cependant cela ne veut pas dire qu’au nom de ce principe « politiquement correct », il faille aveuglément foncer dans cette voie sans éliminer préalablement de nombreuses interrogations. Sans entrer dans un premier temps dans le mécanisme financier et la participation de notre collectivité au développement de l’ESC, la question la plus importante à mes yeux est de connaître la légitimité profonde de ce projet, c’est-à-dire la pertinence de l’ambition affichée au regard du marché national et international des écoles de commerce.
Dans l’état actuel de mes informations, et je fais référence au dossier paru dans l’Express du 10 novembre 2010, l’ESC de Troyes est classée au 28° rang des écoles de commerce sous l’angle de l’excellence académique (Reims est 9°), et seulement 39° du point de vue Professionnel (Reims est 7°), et ce sur un total de 41 écoles. Je veux donc comprendre comment cela sera-t-il possible de progresser dans ces évaluations qui sont capitales pour le futur de l’ESC. Ce sont les anciens qui font la réputation d’une école, et dans le système de sélection opéré nous savons que les meilleurs éléments font leur choix en fonction de ces données.
Nous ne sommes pas dans un système universitaire traditionnel qui délivre des diplômes identiques pour tous les étudiants. Je suppose même, pour que ce challenge soit réussi, qu’il faudra aussi avoir des budgets de fonctionnement à la hauteur des ambitions affichées. Ce qui va supposer, qu’une fois les travaux réalisés, nous serons sollicités dans les augmentations des dépenses de fonctionnement, et ce d’autant plus que nous ferions partie intégrante de la gouvernance de l’école. Ou alors si les moyens sont toujours identiques, il sera difficile de concurrencer les autres écoles. Par ailleurs faire des comparaisons avec l’UTT n’a pas de sens. Rappelons une évidence : l’UTT est une université, créée grâce au Département et avec l’appui de toutes les collectivités, dans un cadre défini par l’Etat. Ici nous ne sommes pas dans le même cas de figure. Il aurait d’ailleurs été intéressant que l’Etat soit associé à ce projet. Ce qui n’est pas le cas. C’est un des points qui me chagrine. Seules les 3 collectivités (Grand Troyes, Département, Région) vont financer ce développement, ce qui veut dire que cela ne rentre pas dans la vision globale de l’Université au regard des pouvoirs publics. Pour l’état c’est une école privée, certes d’enseignement supérieur, mais qui est à la seule charge de ses actionnaires.
Or ces mêmes actionnaires ne vont mettre que 5 millions €, laissant les 3 autres collectivités financer l’essentiel, 25 millions €, en modifiant bien sûr la gouvernance de l’ensemble, ce qui sera un moyen supplémentaire de combler les éventuels déficits futurs dans le fonctionnement.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres que je ne veux pas aborder ce soir, il me paraît insensé de voter ce projet dans l’état actuel. La grenouille ne peut pas se faire aussi grosse que le boeuf !
Revenons à un projet plus modeste qui puisse améliorer les conditions de travail actuelles, sans avoir une vision démesurée du développement de l’ESC.
Jaïm Myara
mes chers collègues,
Mon intervention sur le projet qui vient de nous être présenté est tout à fait personnelle et ne peut pas être considérée comme une prise de position politique. D’abord je ne peux que souscrire à tout investissement qui permet de développer l’enseignement supérieur dans notre agglomération. Et il est difficile pour tout un chacun de mesurer les retombées économiques à moyen et long terme d’un tel engagement.
Cependant cela ne veut pas dire qu’au nom de ce principe « politiquement correct », il faille aveuglément foncer dans cette voie sans éliminer préalablement de nombreuses interrogations. Sans entrer dans un premier temps dans le mécanisme financier et la participation de notre collectivité au développement de l’ESC, la question la plus importante à mes yeux est de connaître la légitimité profonde de ce projet, c’est-à-dire la pertinence de l’ambition affichée au regard du marché national et international des écoles de commerce.
Dans l’état actuel de mes informations, et je fais référence au dossier paru dans l’Express du 10 novembre 2010, l’ESC de Troyes est classée au 28° rang des écoles de commerce sous l’angle de l’excellence académique (Reims est 9°), et seulement 39° du point de vue Professionnel (Reims est 7°), et ce sur un total de 41 écoles. Je veux donc comprendre comment cela sera-t-il possible de progresser dans ces évaluations qui sont capitales pour le futur de l’ESC. Ce sont les anciens qui font la réputation d’une école, et dans le système de sélection opéré nous savons que les meilleurs éléments font leur choix en fonction de ces données.
Nous ne sommes pas dans un système universitaire traditionnel qui délivre des diplômes identiques pour tous les étudiants. Je suppose même, pour que ce challenge soit réussi, qu’il faudra aussi avoir des budgets de fonctionnement à la hauteur des ambitions affichées. Ce qui va supposer, qu’une fois les travaux réalisés, nous serons sollicités dans les augmentations des dépenses de fonctionnement, et ce d’autant plus que nous ferions partie intégrante de la gouvernance de l’école. Ou alors si les moyens sont toujours identiques, il sera difficile de concurrencer les autres écoles. Par ailleurs faire des comparaisons avec l’UTT n’a pas de sens. Rappelons une évidence : l’UTT est une université, créée grâce au Département et avec l’appui de toutes les collectivités, dans un cadre défini par l’Etat. Ici nous ne sommes pas dans le même cas de figure. Il aurait d’ailleurs été intéressant que l’Etat soit associé à ce projet. Ce qui n’est pas le cas. C’est un des points qui me chagrine. Seules les 3 collectivités (Grand Troyes, Département, Région) vont financer ce développement, ce qui veut dire que cela ne rentre pas dans la vision globale de l’Université au regard des pouvoirs publics. Pour l’état c’est une école privée, certes d’enseignement supérieur, mais qui est à la seule charge de ses actionnaires.
Or ces mêmes actionnaires ne vont mettre que 5 millions €, laissant les 3 autres collectivités financer l’essentiel, 25 millions €, en modifiant bien sûr la gouvernance de l’ensemble, ce qui sera un moyen supplémentaire de combler les éventuels déficits futurs dans le fonctionnement.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres que je ne veux pas aborder ce soir, il me paraît insensé de voter ce projet dans l’état actuel. La grenouille ne peut pas se faire aussi grosse que le boeuf !
Revenons à un projet plus modeste qui puisse améliorer les conditions de travail actuelles, sans avoir une vision démesurée du développement de l’ESC.
Jaïm Myara
Tags :
Grand Troyes
Rédigé par Jaïm Myara le Samedi 11 Décembre 2010 à 01:36
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