Rubriques :
En cette journée de lutte internationale des violences faites aux femmes je souhaite profiter d'un instant pour lutter à ma façon contre une forme de violence subie par les femmes. Il s'agit d'une violence politique et insidieuse qui veut que la parité soit l'autre nom de la discrimination positive en faveur d'une catégorie de la population : les femmes. C'est une violence qui fait passer l'évidente nécessité d'égalité - y compris en politique - comme un avantage indu et illégitime, quasiment dérobé, dont les victimes seraient ces bons hommes, cinquantenaires, blancs, sans doute de profession supérieure et probablement chrétiens, mariés et pères de deux enfants. Hommes parés de tous les attributs de la victoire politique : la force naturelle, la volonté de fer, le caractère affirmé et la compétence. L'homme viril quoi !
Au point même que dans les milieux politiques certains s'émeuvent que les grands appareils organisés, les partis, organisent en leur sein des procédures spécifiques pour favoriser la candidature des femmes aux scrutins uninominaux. Au point même, parfois, que des "progressistes" jugent bon de critiquer le "panachage" homme / femme des listes aux scrutins plurinominaux... Et toujours le même argument : "c'est lui qui peut gagner au mieux", "c'est lui que l'on connait le plus", etc. Surtout : "c'est quand même malheureux que l'on ne laisse pas les gens compétents se présenter" ! Alors organisons la nouvelle star du politique pour désigner nos candidat-es, laissons bien sûr les femmes s'y présenter (ça s'appelle l'égalité des chances non ?) et faisons confiance dans le public pour départager la ou le plus à même d'emporter l'élection.
Et bien, je ne suis pas d'accord avec cette façon de faire. Elle sera sans doute la plus efficace pour remporter l'élection. A n'en point douter. Aussi, la Gauche ne peut pas simplement se permettre de "gagner des élections" mais elle a le devoir de "transformer la société". C'est ce qui fédère autour de nos organisations de nombreux courants de la société civile, promoteurs de nouvelles libertés, défenseurs des droits, militants de l'égalité. On ne transforme par la société en permettant la reproduction sociale et politique des élites installées. On ne gagne rien à différer non plus cette nécessaire transformation : "laissez moi être élu et après je vous promets que je favoriserais une femme pour me remplacer !". Il faut engager immédiatement ces sujets, avec le mouvement social, ici et - allons y - maintenant.
La parité c'est l'égalité. Ou la nécessaire installation d'un rapport d'égalité entre deux éléments similaires. La parité ce n'est pas la différence ! Le présupposé initial est qu'une situation donnée est inégalitaire donc injuste et donc qu'elle doit être corrigée. En l'espèce, la situation des femmes est inégale à celle des hommes tant sur le plan professionnel (salaires, conditions de travail), que sur le plan social (violences, brimades, machisme,...) ou sur le plan des responsabilités (dirigeants, élus,...). L'action du Politique, une fois que la volonté d'égalité est clairement assumée, est de rendre possible cette égalité de fait dans les domaines cités. Les leviers utilisables sont législatifs mais pas seulement. Pourquoi attendre une loi quand une organisation dans ses statuts et règlements peut déjà mettre en œuvre des dispositions destinées garantir l'égalité entre les hommes et les femmes ? C'est tout le sens de ce qu'a fait notamment le Parti Socialiste pour ses désignations aux législatives.
Les détracteurs de la Parité, y compris au sein même de nos organisations, invoqueront l'universalité de la République qui veut que l'Etat n'a pas a voir les "aspérités" du citoyen au profit d'un citoyen étherique et identique. Ils diront aussi que favoriser la femme c'est ouvrir la porte à de multiples revendications communautaires. Ils termineront en nous assurant de leur vœu de voir une assemblée à moitié féminine mais "pas comme ça, pas en forçant la main"... Ils rejoindront alors l'immense cortège de celles et ceux qui n'ont rien fait pour la cause des femmes attendant patiemment une sorte de réveil collectif des consciences qui voudrait que du jour au lendemain les femmes aient toute la place à laquelle elles aspirent. Mais surtout ils diront que ce n'est qu'une nouvelle discrimination positive. Après les homos, les noirs, les arabes, etc., les "nanas" auraient elles aussi besoin d'être aidées dans leur prise de responsabilité. L'on créerait de facto une communauté de plus a opposer à la grande masse des gens "normaux". L'on créerait une discrimination supplémentaire qui réduirait les chances d'aucuns à accéder eux-mêmes aux responsabilités. C'est donc au final ces gens, ces hommes blancs cinquantenaires qui subiraient l'affront d'une intolérable discrimination au profit de femmes.
Mais c'est omettre un argument de poids, incontournable : les femmes représentent la moitié de l'humanité. Le "sexe" n'est pas un particularisme de plus mais représente un "caractère anthropologique universel" comme disent les sociologues. Partant de là qui subit 20% de salaire en moins qu'un égal ? Qui supporte les poids d'une société culturellement patriarcale ? Qui est regardé d'un mauvais oeil au moment de prendre des responsabilités ? A qui fait-on systématiquement un procès en incompétence ? N'est ce pas finalement la femme qui, dans son essence féminine même se voit discriminée face à l'homme ? Aussi, vouloir l'égalité, n'est-ce pas faire cesser cette discrimination ? La parité c'est l'égalité, l'égalité entre l'homme et la femme. Héritiers d'une longue tradition de gauche nous entendons l'argument de l'universalité du citoyen qui doit s'exprimer dans les dispositions de la loi, mais nous sommes aussi les enfants de la Gauche de transformation, celle qui tient compte de la situation sociale, des inégalités, des discriminations et qui aspire profondément à les corriger et rectifier l'existant au regard de nos valeurs.
Et si nous ne sommes pas là pour changer les mentalités, je me demande bien à quoi nous pouvons servir...
Dimitri SYDOR.
Au point même que dans les milieux politiques certains s'émeuvent que les grands appareils organisés, les partis, organisent en leur sein des procédures spécifiques pour favoriser la candidature des femmes aux scrutins uninominaux. Au point même, parfois, que des "progressistes" jugent bon de critiquer le "panachage" homme / femme des listes aux scrutins plurinominaux... Et toujours le même argument : "c'est lui qui peut gagner au mieux", "c'est lui que l'on connait le plus", etc. Surtout : "c'est quand même malheureux que l'on ne laisse pas les gens compétents se présenter" ! Alors organisons la nouvelle star du politique pour désigner nos candidat-es, laissons bien sûr les femmes s'y présenter (ça s'appelle l'égalité des chances non ?) et faisons confiance dans le public pour départager la ou le plus à même d'emporter l'élection.
Et bien, je ne suis pas d'accord avec cette façon de faire. Elle sera sans doute la plus efficace pour remporter l'élection. A n'en point douter. Aussi, la Gauche ne peut pas simplement se permettre de "gagner des élections" mais elle a le devoir de "transformer la société". C'est ce qui fédère autour de nos organisations de nombreux courants de la société civile, promoteurs de nouvelles libertés, défenseurs des droits, militants de l'égalité. On ne transforme par la société en permettant la reproduction sociale et politique des élites installées. On ne gagne rien à différer non plus cette nécessaire transformation : "laissez moi être élu et après je vous promets que je favoriserais une femme pour me remplacer !". Il faut engager immédiatement ces sujets, avec le mouvement social, ici et - allons y - maintenant.
La parité c'est l'égalité. Ou la nécessaire installation d'un rapport d'égalité entre deux éléments similaires. La parité ce n'est pas la différence ! Le présupposé initial est qu'une situation donnée est inégalitaire donc injuste et donc qu'elle doit être corrigée. En l'espèce, la situation des femmes est inégale à celle des hommes tant sur le plan professionnel (salaires, conditions de travail), que sur le plan social (violences, brimades, machisme,...) ou sur le plan des responsabilités (dirigeants, élus,...). L'action du Politique, une fois que la volonté d'égalité est clairement assumée, est de rendre possible cette égalité de fait dans les domaines cités. Les leviers utilisables sont législatifs mais pas seulement. Pourquoi attendre une loi quand une organisation dans ses statuts et règlements peut déjà mettre en œuvre des dispositions destinées garantir l'égalité entre les hommes et les femmes ? C'est tout le sens de ce qu'a fait notamment le Parti Socialiste pour ses désignations aux législatives.
Les détracteurs de la Parité, y compris au sein même de nos organisations, invoqueront l'universalité de la République qui veut que l'Etat n'a pas a voir les "aspérités" du citoyen au profit d'un citoyen étherique et identique. Ils diront aussi que favoriser la femme c'est ouvrir la porte à de multiples revendications communautaires. Ils termineront en nous assurant de leur vœu de voir une assemblée à moitié féminine mais "pas comme ça, pas en forçant la main"... Ils rejoindront alors l'immense cortège de celles et ceux qui n'ont rien fait pour la cause des femmes attendant patiemment une sorte de réveil collectif des consciences qui voudrait que du jour au lendemain les femmes aient toute la place à laquelle elles aspirent. Mais surtout ils diront que ce n'est qu'une nouvelle discrimination positive. Après les homos, les noirs, les arabes, etc., les "nanas" auraient elles aussi besoin d'être aidées dans leur prise de responsabilité. L'on créerait de facto une communauté de plus a opposer à la grande masse des gens "normaux". L'on créerait une discrimination supplémentaire qui réduirait les chances d'aucuns à accéder eux-mêmes aux responsabilités. C'est donc au final ces gens, ces hommes blancs cinquantenaires qui subiraient l'affront d'une intolérable discrimination au profit de femmes.
Mais c'est omettre un argument de poids, incontournable : les femmes représentent la moitié de l'humanité. Le "sexe" n'est pas un particularisme de plus mais représente un "caractère anthropologique universel" comme disent les sociologues. Partant de là qui subit 20% de salaire en moins qu'un égal ? Qui supporte les poids d'une société culturellement patriarcale ? Qui est regardé d'un mauvais oeil au moment de prendre des responsabilités ? A qui fait-on systématiquement un procès en incompétence ? N'est ce pas finalement la femme qui, dans son essence féminine même se voit discriminée face à l'homme ? Aussi, vouloir l'égalité, n'est-ce pas faire cesser cette discrimination ? La parité c'est l'égalité, l'égalité entre l'homme et la femme. Héritiers d'une longue tradition de gauche nous entendons l'argument de l'universalité du citoyen qui doit s'exprimer dans les dispositions de la loi, mais nous sommes aussi les enfants de la Gauche de transformation, celle qui tient compte de la situation sociale, des inégalités, des discriminations et qui aspire profondément à les corriger et rectifier l'existant au regard de nos valeurs.
Et si nous ne sommes pas là pour changer les mentalités, je me demande bien à quoi nous pouvons servir...
Dimitri SYDOR.
Rédigé par Dimitri Sydor le Vendredi 25 Novembre 2011 à 14:25
|
Commentaires (0)
Dimitri Sydor
Dernières notes
Le 1er Mai avec les travailleurs !
30/04/2012
Le 22 avril 2012 je choisis Hollande !
19/04/2012
Henri EMMANUELLI à Sainte Savine !
03/04/2012
Troyes
Presidentielle
Aube
Parti Socialiste
Election
Baroin
Debat
Primaire
Citoyen
Avenir
Education
Gauche
Conseil Municipal
Budget
Politique
Front National
François Hollande
Tarifs
Cantonale
Service public
CPE
UMP
Droite
Social
Projet
Conseil Général
Santé
Bauland
International
Secte
Canal
Abstention
Société
Aubry
Alcool
Croyance
Législatives
Menuel
Opposition
Sarkozy
Immigration
Solidarité
Adnot
Manifestation
France
Bien-être
Groupe de Gauche
Hommage
Association
Eau
Précarité
Parti
Proposition
MJS
Elève
Troyes Pour Tous
Le Portail de Troyes Pour Tous fédère les blog d'élu(e)s, citoyen(ne)s, militant(e)s autour des questions troyennes et de la Politique de manière plus générale.
Immensité de la Toile
Les sites d'amis, rencontres fortuites, heureuses trouvailles, blog d'intérêt...
Archives










