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Intervention au Conseil Municipal du 9 février 2012 (attention, seul le procès verbal de séance fait foi) :
Monsieur le Maire, Chère-es collègues,
La Maison du Tourisme représente l'un des grands investissements lié au secteur du tourisme et à celui de l'aménagement urbain.
Permettez-moi de redire ici ce qu’est l’avis du Groupe de Gauche, précédemment exprimé dans la voie de Jaïm MYARA, à propos de l’implantation de la Maison du Tourisme. Rien, jusqu’à ce jour, ne nous permet de penser qu’une installation à l’angle de la place Alexandre Israël et de la rue Aristide BRIAND est un bon choix tant sur le plan touristique que sur le volet urbanistique.
Sur le plan touristique, d’abord, l’hyper concentration des flux de touristes est sans doute bonne pour le commerce immédiat mais elle est aussi fortement limitative pour un développement homogène de l’hyper centre. Une fois débarqués des autocars, il y a fort à parier que les visiteurs de passage « navigueront à vue » avant de s’en retourner vers leurs véhicules. Les autocars, justement, s’engouffreront dans le tracé serré des rues alentour de l’Hotel de Ville et créeront, à n’en pas douter, des troubles importants de la circulation. Pire, une fois la maison baptisée, une fois les aménagements routiers faits, vous condamnez sans plus de débat un point central de notre ville à la circulation automobile. A trop voir les affaires de notre territoire par le petit bout de la lorgnette, vous passez parfois à côté de l’essentiel.
Et l’essentiel en l’occurrence c’est quelle vision a-t-on de notre centre ville dans 5, 20 ou 30 ans ? Vous menez depuis maintenant plusieurs années un programme de rénovation urbaine avec certes quelques succès mais aussi avec son lot de dépenses grandiloquentes et toujours sans vous poser la question de la destination future d’un centre ville que les chercheurs posent avec force. Voulons-nous une gentrification, où toujours plus de riches habiteront des rues toujours plus belles et reléguant les autres populations dans les marges ? Ou préférons-nous l’ambition de la mixité ? Voulons-nous un parc d’attraction pour touristes ? Ou préférons nous un développement partagé fruit notamment de l’activité touristique ?
Au risque de vous étonner, il n’est pas trop tard. Le dossier de la Bourse du Travail – me dit on – semble encore mouvant et peut probablement intégrer l’idée d’une maison du tourisme, véritable porte ouverte sur la ville, à proximité de la Gare et sur un grand axe de circulation aisé pour les autocars et facile d’accès pour les voitures individuelles. De là, nous pouvons dérouler un beau parcours à travers le bouchon, de Jean-Jaurès à Saint Pierre et Saint Paul en passant par la médiathèque, en revenant par le musée de l’outil. Au cœur de cette grande boucle piétonne, la place de l’hôtel de Ville, son attrait, ses terrasses et ses commerces.
Il n’est pas trop tard non plus pour mener à leurs termes les travaux de qualité engagés sur l’ancienne garderie Saint Jean. Travaux qui seront examinés dans le rapport 22 et qui présentent le double intérêt de faire vivre le tissu économique local et réinventer des matériaux durables au travers du béton de chanvre. Le rapport indique d’ailleurs le caractère tout à fait précurseur d’une telle réalisation dans notre Ville. Nous proposons donc de faire de ce lieu la Maison de l’Urbanisme de la Ville comme cela se fait dans un certain nombre de villes en France et notamment en Belgique où l’on expérimente et fédère des Maisons de l’Urbanisme destinées à, je cite, « créer des liens entre citoyens et acteurs locaux et constituer des lieux de promotion d’une culture urbanistique et architecturale indispensable à une gestion de l’espace qui soit durable et de qualité. » Guichet unique pour les activités traditionnels du service, cet espace clairement identifié serait aussi un lieu privilégié de valorisation de notre savoir faire urbanistique.
Savoir faire, et je raccroche la dimension des relations internationales, qui intéresse notamment nos partenaires chinois et plus largement les autorités locales des pays en développement confronté à l’urbanisation galopante et aux impératifs de préservation du patrimoine.
Dimitri SYDOR,
Conseiller Municipal de Troyes.
Monsieur le Maire, Chère-es collègues,
La Maison du Tourisme représente l'un des grands investissements lié au secteur du tourisme et à celui de l'aménagement urbain.
Permettez-moi de redire ici ce qu’est l’avis du Groupe de Gauche, précédemment exprimé dans la voie de Jaïm MYARA, à propos de l’implantation de la Maison du Tourisme. Rien, jusqu’à ce jour, ne nous permet de penser qu’une installation à l’angle de la place Alexandre Israël et de la rue Aristide BRIAND est un bon choix tant sur le plan touristique que sur le volet urbanistique.
Sur le plan touristique, d’abord, l’hyper concentration des flux de touristes est sans doute bonne pour le commerce immédiat mais elle est aussi fortement limitative pour un développement homogène de l’hyper centre. Une fois débarqués des autocars, il y a fort à parier que les visiteurs de passage « navigueront à vue » avant de s’en retourner vers leurs véhicules. Les autocars, justement, s’engouffreront dans le tracé serré des rues alentour de l’Hotel de Ville et créeront, à n’en pas douter, des troubles importants de la circulation. Pire, une fois la maison baptisée, une fois les aménagements routiers faits, vous condamnez sans plus de débat un point central de notre ville à la circulation automobile. A trop voir les affaires de notre territoire par le petit bout de la lorgnette, vous passez parfois à côté de l’essentiel.
Et l’essentiel en l’occurrence c’est quelle vision a-t-on de notre centre ville dans 5, 20 ou 30 ans ? Vous menez depuis maintenant plusieurs années un programme de rénovation urbaine avec certes quelques succès mais aussi avec son lot de dépenses grandiloquentes et toujours sans vous poser la question de la destination future d’un centre ville que les chercheurs posent avec force. Voulons-nous une gentrification, où toujours plus de riches habiteront des rues toujours plus belles et reléguant les autres populations dans les marges ? Ou préférons-nous l’ambition de la mixité ? Voulons-nous un parc d’attraction pour touristes ? Ou préférons nous un développement partagé fruit notamment de l’activité touristique ?
Au risque de vous étonner, il n’est pas trop tard. Le dossier de la Bourse du Travail – me dit on – semble encore mouvant et peut probablement intégrer l’idée d’une maison du tourisme, véritable porte ouverte sur la ville, à proximité de la Gare et sur un grand axe de circulation aisé pour les autocars et facile d’accès pour les voitures individuelles. De là, nous pouvons dérouler un beau parcours à travers le bouchon, de Jean-Jaurès à Saint Pierre et Saint Paul en passant par la médiathèque, en revenant par le musée de l’outil. Au cœur de cette grande boucle piétonne, la place de l’hôtel de Ville, son attrait, ses terrasses et ses commerces.
Il n’est pas trop tard non plus pour mener à leurs termes les travaux de qualité engagés sur l’ancienne garderie Saint Jean. Travaux qui seront examinés dans le rapport 22 et qui présentent le double intérêt de faire vivre le tissu économique local et réinventer des matériaux durables au travers du béton de chanvre. Le rapport indique d’ailleurs le caractère tout à fait précurseur d’une telle réalisation dans notre Ville. Nous proposons donc de faire de ce lieu la Maison de l’Urbanisme de la Ville comme cela se fait dans un certain nombre de villes en France et notamment en Belgique où l’on expérimente et fédère des Maisons de l’Urbanisme destinées à, je cite, « créer des liens entre citoyens et acteurs locaux et constituer des lieux de promotion d’une culture urbanistique et architecturale indispensable à une gestion de l’espace qui soit durable et de qualité. » Guichet unique pour les activités traditionnels du service, cet espace clairement identifié serait aussi un lieu privilégié de valorisation de notre savoir faire urbanistique.
Savoir faire, et je raccroche la dimension des relations internationales, qui intéresse notamment nos partenaires chinois et plus largement les autorités locales des pays en développement confronté à l’urbanisation galopante et aux impératifs de préservation du patrimoine.
Dimitri SYDOR,
Conseiller Municipal de Troyes.
Rédigé par Dimitri Sydor le Dimanche 12 Février 2012 à 10:18
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