Rubriques :
L'abstention à Troyes : un enjeu électoral ?
Les chiffres de l'abstention à Troyes sont plus élevés que dans d'autres villes de taille comparable. Nous avons essayé de comprendre pourquoi
Troyes, une ville où l'on vote peu. Moins, en tout cas, que la moyenne. Si l'on compare l'abstention troyenne à la moyenne nationale lors de l'élection présidentielle de 2007, on trouve un écart de 7 %, au premier comme au second tour. Cette élection avait pourtant été remarquée pour la forte participation à laquelle elle avait donné lieu, ce qui n'était pas le cas des législatives qui la suivaient de quelques semaines, où la participation avait chuté. Au second tour, dans la deuxième circonscription, l'abstention était montée jusqu'à 55 %, soit un écart de 15 % avec la moyenne nationale.
En 2008, les municipales avaient à peine mobilisé la moitié des électeurs troyens : plus de 48 % d'entre eux ne s'étaient pas déplacés, presque 10 % de plus que la moyenne nationale. Troyes est-elle « un désert démocratique », selon l'expression de Dimitri Sydor, conseiller municipal d'opposition et premier secrétaire fédéral adjoint du Parti socialiste ? « Troyes est une ville qui s'est dépolitisée, ajoute-t-il, et nous en prenons notre part. Nous n'avons pas non plus été capables d'inciter les gens à voter ».
Marie Le Corre, adjointe au maire chargée de la politique des quartiers, ne s'explique pas ces chiffres. « Est-ce que l'abstention, c'est le mécontentement ? » se demande-t-elle. Elle souligne également qu'il y a peut-être « un problème de culture. Peut-être le vote fait-il partie des choses qu'on n'apprend plus ».
Gérard Menuel, député de la troisième circonscription de l'Aube et adjoint au maire de Troyes chargé des finances, assure quant à lui : « C'est un constat, les chiffres de l'abstention ont toujours été élevés à Troyes ». Le fort parc de logements sociaux de la Ville, et le turnover important des locataires que cela implique, pourrait en être une des raisons. « Il faudrait regarder le nombre d'inscrits par rapport à la population totale, peut-être la Ville est-elle moins réactive que d'autres sur les radiations ? » Avec 61 000 habitants, Troyes est la 80e ville de France, elle compte 51 % d'inscrits. Les villes autour d'elle dans ce classement, Villeneuve-d'Ascq (59) et Antony (92), ont respectivement 10 et 15 % d'inscrits en plus, pour des scores d'abstention plus faibles. Il est vrai que la proportion de propriétaires y est plus élevée.
Avec environ 50 % d'inscrits, La Chapelle-Saint-Luc se trouve dans une situation équivalente à Troyes, malgré la différence de taille : parc locatif très important et beaucoup de logements sociaux. Comme l'explique le maire, Olivier Girardin, « il y a effectivement un turnover très important, avec une forte population d'origine étrangère. Mais il n'y a pas de loi d'airain ». Et en effet, les chiffres de l'abstention sont plus faibles à La Chapelle-Saint-Luc qu'à Troyes.
Pour Gérard Menuel, une autre raison pourrait expliquer la forte abstention des électeurs troyens, en tout cas pour les élections locales. « Peut-être y a-t-il moins d'enjeu, » explique-t-il, rappelant l'élection municipale de 2008, au cours de laquelle François Baroin avait été élu au premier tour. Il explique que les électeurs « ont peut-être considéré que c'était gagné d'avance, qu'il n'y avait pas de suspense ».
« Un repère politique »
Et effectivement, pour Olivier Girardin, « on ne gagne que les combats que l'on mène pleinement ». Pour lui, « l'abandon de citoyenneté répond à l'abandon du politique. La gauche a une vraie bataille à mener sur la résorption de l'abstention. On ne peut pas se résigner à accepter que les gens n'aillent pas voter. » Et il ajoute qu'il faut prendre « de la hauteur par rapport à ce débat. Faire voter plus les gens, ce n'est pas forcément les faire voter plus à gauche ».
Pour Marie Le Corre, la question est de savoir si « les gens qui s'abstiennent réalisent qu'ils faussent la donne, alors que c'est un droit, et qu'on s'est battu pour ça ». L'année électorale qui arrive pourrait permettre d'y voir plus clair. Comme l'explique Dimitri Sydor : « l'élection présidentielle est un repère politique. » Mais attention, « on ne revient pas au vote en claquant des doigts ».
Yann TOURBE
Publié le mardi 27 décembre 2011 à 11H00 -

Les électeurs troyens choisissent plus souvent
Trois fois plus d'inscriptions à Troyes qu'en 2010
Publié le lundi 26 décembre 2011 à 11H00
Après la première semaine de décembre, plus de 3 250 personnes s'étaient déjà inscrites sur les listes électorales troyennes. Selon Marie Le Corre, adjointe au maire chargée de la politique des quartiers et de proximité, des conseils de quartiers et des services aux habitants, ces inscriptions se poursuivent depuis le début du mois au rythme de 80 à 100 par jour. Par exemple, plus de 800 inscriptions ont eu lieu entre le 1er et le 10 du mois. « Les inscriptions sont souvent tardives, note Marie Le Corre, alors qu'elles peuvent se faire n'importe quand dans l'année ». Elle ajoute : « Au niveau de la communication, on insiste plus en décembre sur l'importance de l'inscription ».
2012 sera une année électorale chargée. Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu dimanche 26 avril, suivi du second tour le 6 mai. Et les élections législatives se dérouleront les dimanches 10 et 17 juin. Il n'y a pourtant pas eu cette année de campagne nationale pour les inscriptions sur les listes électorales, comme il y avait pu y en avoir une en 2006, à la veille de l'élection présidentielle de 2007. Cette année-là, on avait pu voir des clips sur le sujet à la télévision et les campus universitaires avaient été inondés de tracts. Plus de 3 500 personnes s'étaient alors inscrites sur les listes électorales de la Ville, « dont 70 % en décembre ».
La commune de Troyes compte environ 31 000 électeurs inscrits. Le rush de 2006 avait donc renouvelé un peu plus de 10 % du corps électoral. A contrario, 2010 n'avait pas été une année faste pour les inscriptions, avec à peine plus de 1 300 nouveaux inscrits. Il est vrai que le calendrier électoral 2011 ne comportait que des cantonales qui n'ont pas déplacé les foules, l'abstention pouvant monter jusqu'à 72 % dans certains bureaux, et des sénatoriales pour lesquelles le mode de scrutin, indirect, ne concerne pas l'électeur lambda.
Ceux qui ont eu 18 ans cette année, ou qui auront 18 ans jusqu'à la veille du scrutin sont inscrits d'office sur les listes de la commune où ils ont été recensés à 16 ans. À leur charge de vérifier si leur adresse d'inscription est correcte, parce que c'est à cette adresse que leur carte d'électeur leur sera adressée. Détail important : si vous avez eu 18 ans cette année, et votre inscription ne vous a pas été notifiée, allez en mairie pour vérifier le tableau des inscriptions. Si votre nom n'y figure pas, vous avez jusqu'au 20 janvier pour saisir le tribunal d'instance de votre domicile.
Les personnes qui ont déménagé dans l'année, où qui n'ont jamais été inscrites peuvent, quant à elles, encore s'inscrire jusqu'à samedi (voir ci-contre).
Inscriptions : après samedi soir, il sera trop tard...
Si vous n'êtes pas encore inscrit, vous avez jusqu'à samedi pour le faire. L'inscription est automatique pour les jeunes qui ont eu 18 ans dans l'année et pour ceux qui auront 18 ans jusqu'à la veille du scrutin présidentiel, mais elle se fait à leur commune de recensement. Il est donc souvent nécessaire de vérifier son adresse d'inscription auprès des services municipaux.
Dans tous les autres cas, vous pouvez vous inscrire de plusieurs manières :
- Dans votre mairie (comme le 31 décembre est un samedi, les mairies sont tenues d'organiser une permanence) avec une pièce d'identité et justificatif de domicile récent.
- Par courrier, en envoyant à la mairie avant samedi le formulaire d'inscription téléchargé sur vosdroits.service-public.fr/particuliers/R16024.xhtml, la photocopie d'une pièce d'identité et un justificatif de domicile.
- Vous pouvez également vous inscrire par le biais d'internet, sur mon.service-public.fr.
Yann TOURBE
Rédigé par Dimitri Sydor le Mercredi 28 Décembre 2011 à 12:31
|
Commentaires (0)
Dimitri Sydor
Dernières notes
Le 1er Mai avec les travailleurs !
30/04/2012
Le 22 avril 2012 je choisis Hollande !
19/04/2012
Henri EMMANUELLI à Sainte Savine !
03/04/2012
Troyes
Presidentielle
Aube
Parti Socialiste
Election
Baroin
Debat
Primaire
Citoyen
Avenir
Education
Gauche
Conseil Municipal
Budget
Politique
Front National
François Hollande
Tarifs
Cantonale
Service public
CPE
UMP
Droite
Social
Projet
Conseil Général
Santé
Bauland
International
Secte
Canal
Abstention
Société
Aubry
Alcool
Croyance
Législatives
Menuel
Opposition
Sarkozy
Immigration
Solidarité
Adnot
Manifestation
France
Bien-être
Groupe de Gauche
Hommage
Association
Eau
Précarité
Parti
Proposition
MJS
Elève
Troyes Pour Tous
Le Portail de Troyes Pour Tous fédère les blog d'élu(e)s, citoyen(ne)s, militant(e)s autour des questions troyennes et de la Politique de manière plus générale.
Immensité de la Toile
Les sites d'amis, rencontres fortuites, heureuses trouvailles, blog d'intérêt...
Archives











