"Le jardin des délices", J. BOSCH, 1503 (CC - min)
"Le jardin des délices", J. BOSCH, 1503 (CC - min)
Hier l’Assemblée fut le théâtre national du grotesque ministériel. Non pas que le jeu de l’hémicycle ne soit jamais celui d’une scène, avec ses postures et ses coups d’éclat. Mais, tout de même, il s’agit là du Ministre de l’Economie et des Finances qui juge l’élection de députés, et notamment d’une majorité de députés de gauche, comme une “entrée par effraction” au Gouvernement de la France. On savait la Droite, depuis longtemps, héritière naturelle et autoproclamée du pouvoir en France. On la découvre toujours un peu plus fébrile chaque jour qui nous rapproche de l’élection présidentielle.

Heureux hasard ? Rachida DATI, députée européenne et Maire UMP d’un arrondissement de Paris, se faisait l’écho le même jour des “méthodes inacceptables” employées par François FILLON, Premier Ministre UMP. Le même jour, on assiste à l’UMP au dénigrement de l’adversaire politique et l’on étale au grand jour les dissensions et les luttes intestines. Ce que la Droite critiquait de la Gauche - et parfois avec quelques bonnes raisons - revient à la façon d’un boomerang dans le camp de la majorité présidentielle. Petite politique.

Et il fallait bien un François BAROIN pour incarner à son zénith le syndrome actuel de la Droite aux abois. Malmené par une opposition exigeante, les réponses se font difficile pour le Ministre - Maire quand la voie rapide de la critique s’ouvre à lui. Il parle des “vieilles lunes socialistes” mais entend-t-il seulement qu’au lieu de parler de ce que fait le gouvernement actuel il parle sans cesse de ce qu’a fait le gouvernement socialiste de 1997 à 2002 ? Et il a de quoi  être dérangé ou fatigué en voyant que la Gauche au pouvoir équilibre les comptes de la sécurité sociale et réduit la dette, fait vivre l’idée de Progrès (CMU, 35h, PACS), crée les conditions d’une croissance positive et redistribuée quand les gouvernements successifs de Droite n’ont fait que le contraire entre 2002 et 2011.

Que fait-il de plus que ne pas répondre, ne jamais répondre, ne surtout pas répondre aux questions des socialistes ? Socialistes d’ici ou d’ailleurs, au Parlement ou dans son Conseil Municipal de Troyes. Il s’y complait dans le refus d’un dialogue pourtant nécessaire sur les enjeux locaux avec l’opposition de Gauche. Il brille par son absence totale de capacité à faire vivre un débat public. Il s’abaisse en quelques circonstances à houspiller des conseillers municipaux à Troyes. Ce faisant, il perd ses moyens et révèle, durant ces moments d’une troublante réalité, qu’il est loin de mériter la sympathie politique que d’aucuns lui manifestent.

Aujourd’hui j’ai un peu honte pour François BAROIN.

Dimitri SYDOR.

(Pour cause de difficulté d'accès au net, la publication de ce billet a pris deux jours de retard)

Rédigé par Dimitri Sydor le Jeudi 10 Novembre 2011 à 10:07 | Commentaires (0)
Digg Del.icio.us Del.irio.us Technorati Wikio Facebook Google MySpace Twitter

Dimitri Sydor
Dimitri Sydor

Recherche






RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile