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Philippe BEURY, peut-être pour résoudre la crise internationale, a proposé une réduction de 7% des indemnités des membres du Conseil municipal de Troyes. Les Conseillers municipaux bénéficient d'une indemnité nette de 200 euros à l'heure actuelle. Les Conseillers délégués, les Adjoints et le Maire ont des sommes plus importantes. J'ai été sollicité par l'Est-Eclair pour donner mon avis sur cette proposition du conseiller municipal MoDem.
L'article ci-dessous, qui reproduit ma réponse, appelle de ma part quelques réflexions complémentaires tant il est toujours difficile de donner précisément dans les colonnes des journaux le rendu d'une pensée qui ne tient pas en une phrase.
Les indemnités pour charge élective ont été créées afin de faciliter l'exercice d'une responsabilité d'élu par des salariés sans préjudice de salaire. C'est donc une indemnité compensatrice du temps de travail non effectué pour l'exercice d'un mandat. En effet, si les élus peuvent de droit bénéficier d'autorisations d'absence pour se rendre et assister aux commissions et séances plénière, il n'en est pas de même pour les travaux préparatoires et les réunions annexes qui, si ils interviennent sur le temps de travail, entrainent l'utilisation du "crédit d'heure" que l'administration ou l'entreprise déduit du salaire du salarié ou de l'agent. Exemples : un salarié au smic qui prend 8h de préparation sur son temps de travail perdra 62 euros, un agent de l'état gagnant 1600 euros nets par mois qui prend 8h de préparation sur son temps de travail perdra 100 euros, un cadre chevronné d'entreprise (disons 3000€) qui prend 8h de préparation sur son temps de travail perdra 180 euros. Par ailleurs l'indemnité sert aussi à payer les dépenses diverses engagées dans le cadre du mandat (frais de transport notamment). Les indemnités ont donc un sens. Elles permettent encore de favoriser la prise de responsabilité de tous. Aucun système n'est parfait, bien entendu, et certains profiteront sans doute sans travailler quand d'autres ne compteront pas leurs heures au service de leurs concitoyen-nes ;
En revanche, l'enjeu de la répartition des richesses est au coeur des sujets actuels et chaque jour porte son lot de nouvelles toutes plus contradictoires les unes que les autres. Comment croire que les peuples et les Etats sont exsangues, sous le coup des menaces des agences de notation, quand, au même moment, les revenus des plus riches ne cessent d'augmenter d'années en années. La richesse mondiale produite n'est pas justement redistribuée : les pauvres sont plus pauvres, et les riches plus riches. Le fossé se creuse entre les salaires de même qu'entre les modes de vie. Il est nécessaire de reprendre sur cette richesse produite toute la part qui doit normalement revenir au plus grand nombre. Reprendre pied dans l'enjeu de la répartition des richesses c'est notamment taxer d'avantage le capital, développer les services publics (les biens de ceux qui n'ont rien), reprendre une dynamique de hausse des salaires en fonction des qualifications, permettre une meilleure répartition par l'impôt juste et progressif, améliorer les conditions morales et matérielles de la vie humaine, etc. Impossible à Troyes me direz-vous ? Pourtant des pistes existent dans nos villes et vont dans ce sens : tarification sociale, sauvegarde et développement des services publics, amélioration du cadre de vie (pas seulement physique !), frein aux dépenses somptuaires, chasse au gaspillage notamment énergétique, politique d'attractivité pour l'emploi. Autant de pistes pour, à notre niveau, remettre un peu de sens et de justice.
Oui à l'exemplarité des représentants élus, bien sûr, quitte à baisser l'indemnité. Peut-être que le succès de ces propositions de réduction du "train de vie" des élu-es trouve-t-il son énergie dans la force du sentiment de défiance. Sans doute, aussi, que l'exemplarité par le travail, par la lutte contre la corruption, par les propositions en faveur des citoyen-nes serait de nature à remettre un peu de ciment entre les électeurs et les élu-es... Ou comment substituer des solutions positives aux épouvantails de l'envie et de la haine...
Voilà, par exemple, ce que Philippe BEURY pourrait dire.
Dimitri SYDOR.
Troyes- Philippe Beury, conseiller municipal d'opposition, propose de baisser l'indemnité des élus de 7 % pour « montrer l'exemple ». Démagogique ?
Dans le contexte de crise, l'idée de baisser les indemnités des élus fait son chemin, à tous les échelons. À Troyes, c'est Philippe Beury, conseiller municipal d'opposition (MoDem), qui s'est emparé le premier du sujet. Dans un courrier adressé au maire, François Baroin, et à tous les élus, il propose de diminuer de 7 % les indemnités des conseillers municipaux, des adjoints et du maire : « Cette mesure permettra de diminuer le compte 6531 indemnités aux élus de 39 000 €. Somme modeste, c'est vrai, mais somme respectable quand même », écrit Philippe Beury. Par adjoint, cela représente 150 € (montant brut) par mois en moins. Pour un simple conseiller municipal, cela équivaut à 15 €. Selon Philippe Beury, « les élus ne peuvent pas demander aux gens de faire des efforts sans commencer à montrer l'exemple. Même s'ils ont des indemnités moins importantes que d'autres élus, l'idée est symbolique ».
Et surtout démagogique ?
« Je ne sais pas. Cela dépend ce qu'on appelle démagogique. C'est plutôt populiste. Les citoyens vont faire des efforts alors autant que tout le monde en fasse et que le politique soit le premier à montrer l'exemple. Mais attention, l'idée n'est pas de montrer que les élus sont trop payés. Ils font beaucoup de boulot. »
La proposition de Philippe Beury n'arrive pas innocemment.
Lundi, François Baroin va réunir le conseil municipal pour débattre des orientations budgétaires. L'élu MoDem espère profiter de la situation pour mettre sa proposition sur la table.
Symbole
En attendant, les premières réactions de ses homologues sont partagées.
Si cela « ne dérange pas » Gérard Menuel, adjoint au maire chargé des finances, il parle de proposition « à moitié populiste et à moitié démagogique qui stigmatise les élus ».
Marc Bret, adjoint à l'environ- nement, estime pour sa part que cette proposition ne lui pose pas de problème même s'il rappelle « ne pas être trop payé par rapport au temps et à l'énergie déployés sur le terrain au service des Troyens ». Et de poursuivre : « Cette proposition est plus symbolique qu'efficace. C'est 39 000 € d'économie sur un budget de fonctionnement global de 69 M€. »
« Cela ne doit pas masquer les sujets essentiels », souligne le conseiller d'opposition socialiste Dimitri Sydor qui rappelle que ces indemnités peuvent compenser le coût des absences au travail des élus.
Pour rappel, les élus avaient voté à l'unanimité (lire ci-contre) la délibération qui instituait leurs indemnités en 2008.
Benoît SOILLY
L'article ci-dessous, qui reproduit ma réponse, appelle de ma part quelques réflexions complémentaires tant il est toujours difficile de donner précisément dans les colonnes des journaux le rendu d'une pensée qui ne tient pas en une phrase.
Les indemnités pour charge élective ont été créées afin de faciliter l'exercice d'une responsabilité d'élu par des salariés sans préjudice de salaire. C'est donc une indemnité compensatrice du temps de travail non effectué pour l'exercice d'un mandat. En effet, si les élus peuvent de droit bénéficier d'autorisations d'absence pour se rendre et assister aux commissions et séances plénière, il n'en est pas de même pour les travaux préparatoires et les réunions annexes qui, si ils interviennent sur le temps de travail, entrainent l'utilisation du "crédit d'heure" que l'administration ou l'entreprise déduit du salaire du salarié ou de l'agent. Exemples : un salarié au smic qui prend 8h de préparation sur son temps de travail perdra 62 euros, un agent de l'état gagnant 1600 euros nets par mois qui prend 8h de préparation sur son temps de travail perdra 100 euros, un cadre chevronné d'entreprise (disons 3000€) qui prend 8h de préparation sur son temps de travail perdra 180 euros. Par ailleurs l'indemnité sert aussi à payer les dépenses diverses engagées dans le cadre du mandat (frais de transport notamment). Les indemnités ont donc un sens. Elles permettent encore de favoriser la prise de responsabilité de tous. Aucun système n'est parfait, bien entendu, et certains profiteront sans doute sans travailler quand d'autres ne compteront pas leurs heures au service de leurs concitoyen-nes ;
En revanche, l'enjeu de la répartition des richesses est au coeur des sujets actuels et chaque jour porte son lot de nouvelles toutes plus contradictoires les unes que les autres. Comment croire que les peuples et les Etats sont exsangues, sous le coup des menaces des agences de notation, quand, au même moment, les revenus des plus riches ne cessent d'augmenter d'années en années. La richesse mondiale produite n'est pas justement redistribuée : les pauvres sont plus pauvres, et les riches plus riches. Le fossé se creuse entre les salaires de même qu'entre les modes de vie. Il est nécessaire de reprendre sur cette richesse produite toute la part qui doit normalement revenir au plus grand nombre. Reprendre pied dans l'enjeu de la répartition des richesses c'est notamment taxer d'avantage le capital, développer les services publics (les biens de ceux qui n'ont rien), reprendre une dynamique de hausse des salaires en fonction des qualifications, permettre une meilleure répartition par l'impôt juste et progressif, améliorer les conditions morales et matérielles de la vie humaine, etc. Impossible à Troyes me direz-vous ? Pourtant des pistes existent dans nos villes et vont dans ce sens : tarification sociale, sauvegarde et développement des services publics, amélioration du cadre de vie (pas seulement physique !), frein aux dépenses somptuaires, chasse au gaspillage notamment énergétique, politique d'attractivité pour l'emploi. Autant de pistes pour, à notre niveau, remettre un peu de sens et de justice.
Oui à l'exemplarité des représentants élus, bien sûr, quitte à baisser l'indemnité. Peut-être que le succès de ces propositions de réduction du "train de vie" des élu-es trouve-t-il son énergie dans la force du sentiment de défiance. Sans doute, aussi, que l'exemplarité par le travail, par la lutte contre la corruption, par les propositions en faveur des citoyen-nes serait de nature à remettre un peu de ciment entre les électeurs et les élu-es... Ou comment substituer des solutions positives aux épouvantails de l'envie et de la haine...
Voilà, par exemple, ce que Philippe BEURY pourrait dire.
Dimitri SYDOR.
Faut-il baisser les indemnités des élus troyens ?
Publié le vendredi 09 décembre 2011 à 10H50
Troyes- Philippe Beury, conseiller municipal d'opposition, propose de baisser l'indemnité des élus de 7 % pour « montrer l'exemple ». Démagogique ?
Dans le contexte de crise, l'idée de baisser les indemnités des élus fait son chemin, à tous les échelons. À Troyes, c'est Philippe Beury, conseiller municipal d'opposition (MoDem), qui s'est emparé le premier du sujet. Dans un courrier adressé au maire, François Baroin, et à tous les élus, il propose de diminuer de 7 % les indemnités des conseillers municipaux, des adjoints et du maire : « Cette mesure permettra de diminuer le compte 6531 indemnités aux élus de 39 000 €. Somme modeste, c'est vrai, mais somme respectable quand même », écrit Philippe Beury. Par adjoint, cela représente 150 € (montant brut) par mois en moins. Pour un simple conseiller municipal, cela équivaut à 15 €. Selon Philippe Beury, « les élus ne peuvent pas demander aux gens de faire des efforts sans commencer à montrer l'exemple. Même s'ils ont des indemnités moins importantes que d'autres élus, l'idée est symbolique ».
Et surtout démagogique ?
« Je ne sais pas. Cela dépend ce qu'on appelle démagogique. C'est plutôt populiste. Les citoyens vont faire des efforts alors autant que tout le monde en fasse et que le politique soit le premier à montrer l'exemple. Mais attention, l'idée n'est pas de montrer que les élus sont trop payés. Ils font beaucoup de boulot. »
La proposition de Philippe Beury n'arrive pas innocemment.
Lundi, François Baroin va réunir le conseil municipal pour débattre des orientations budgétaires. L'élu MoDem espère profiter de la situation pour mettre sa proposition sur la table.
Symbole
En attendant, les premières réactions de ses homologues sont partagées.
Si cela « ne dérange pas » Gérard Menuel, adjoint au maire chargé des finances, il parle de proposition « à moitié populiste et à moitié démagogique qui stigmatise les élus ».
Marc Bret, adjoint à l'environ- nement, estime pour sa part que cette proposition ne lui pose pas de problème même s'il rappelle « ne pas être trop payé par rapport au temps et à l'énergie déployés sur le terrain au service des Troyens ». Et de poursuivre : « Cette proposition est plus symbolique qu'efficace. C'est 39 000 € d'économie sur un budget de fonctionnement global de 69 M€. »
« Cela ne doit pas masquer les sujets essentiels », souligne le conseiller d'opposition socialiste Dimitri Sydor qui rappelle que ces indemnités peuvent compenser le coût des absences au travail des élus.
Pour rappel, les élus avaient voté à l'unanimité (lire ci-contre) la délibération qui instituait leurs indemnités en 2008.
Benoît SOILLY
Rédigé par Dimitri Sydor le Mercredi 14 Décembre 2011 à 18:30
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Dimitri Sydor
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