« Le chemin idéologique de la gauche est clair »
Publié le dimanche 29 janvier 2012 à 10H41
Aube- Gonflés à bloc, les militants socialistes surfent sur la vague de confiance initiée par François Hollande. « Notre chemin est tracé »
À l'image d'Abdel, nouvel adhérent sancéen au PS, « prêt à prendre (ses) responsabilités », les socialistes aubois voient l'avenir en rose. La primaire du mois d'octobre, suivie de la double intervention de François Hollande au Bourget, il y a une semaine, puis devant les Français, jeudi dernier sur France 2, a redonné confiance. Un euphémisme.
Les militants s'affichent unis, loin des divergences et des contradictions tenaces d'hier.
C'est en substance le message qu'a tenu à marteler Olivier Girardin à l'occasion des traditionnels vœux du PS, hier au Petit Louvre, devant une centaine de partisans. « Nous sommes dans une nouvelle séquence. Il n'est plus question de critiquer la personnalité de notre candidat ou les incertitudes de son programme. On peut ne pas être d'accord avec nous sur le fond, mais, désormais, le chemin idéologique de la gauche est clair, les propositions sont sur la table, chiffrées et financées », lâche, comme soulagé, le premier secrétaire fédéral de l'Aube. « On voit aujourd'hui que notre candidat est crédible. »
De la justice sociale
Accompagné par Laurette Joly et Yves Fournier, vice-présidents du conseil régional et prochains adversaires de François Baroin et Jean-Claude Mathis aux élections législatives, le maire de La Chapelle-Saint-Luc dit aussi vouloir élever le débat à moins de trois mois de la présidentielle. « Les Français attendent autre chose, un autre choix de société », qui se traduise par davantage d'équité et de justice sociale : « Les riches doivent-ils s'enrichir toujours plus vite ? Les grandes entreprises qui gagnent le plus doivent-elles payer moins d'impôts que les plus petites ? » Un déséquilibre qui ne peut se soigner qu'en « remettant les choses à l'endroit ».
Il en veut pour preuve les mesures annoncées cette semaine « pour relancer l'économie », qui permettront, selon lui, « d'éponger les déficits causés depuis dix ans. La solution n'est pas de multiplier les plans d'austérité, on voit ce que cela produit… », tempête Olivier Girardin.
Si l'unité semble acquise dans les rangs de la fédération auboise, certaines voix restent perplexes. « François Hollande est-il suffisamment à gauche ? », s'interroge une militante. Une question qui a le don d'agacer le premier secrétaire, pour qui « il n'y a pas d'électorat propre à tel ou tel camp. Seules les idées comptent ».
Des idées qui doivent « rassurer ceux qui ont pu être troublés. Car le bilan de la droite est frappant, il faut que ça s'arrête. Notre chemin est tracé ».
presaubois
Thibaut DESMAREST

Les troupes socialistes en ordre de marche
Publié le dimanche 29 janvier 2012 à 11H00
Olivier Girardin, premier fédéral du PS Aubois a exhorté ses troupes à « travailler sur le moyen et long terme ».
Samedi, pour les socialistes aubois c'était petits fours au Petit Louvre pour de grandes envolées. Celles d'Olivier Girardin, le n° 1 du parti socialiste de l'Aube dopé à la campagne électorale, pour le plus grand plaisir de son auditoire.
La réunion était annoncée comme une présentation des vœux du PS. En fait de vœux, il s'agissait d'en former surtout pour le candidat Hollande à la présidentielle et ceux qui dans son sillage feront campagne pour les législatives de juin.
Une salle bondée, un premier fédéral offensif avec un incontestable talent d'orateur, le PS aubois avait samedi des couleurs « Aujourd'hui, on est plus nombreux et on est plus fort. Ca progresse, saisissons-nous des mécanismes d'accélération ».
Mais pour Olivier Girardin si l'heure est favorable, l'Aube reste encore une terre de mission pour les socialistes qui y compte 350 adhérents. « Notre problème c'est que nous sommes dans l'Aube avec le ministre des finances et un territoire marqué à droite » a reconnu le premier fédéral qui entend bien inverser la tendance politique. « Nous avons eu la primaire et nous avons la présidentielle qui va nous servir de levier ».
Pour autant, Olivier Girardin a appelé les militants à ne pas rester sur ces quelques acquis, les invitant à « travailler sur le long et le moyen terme ». Un travail qui passe aussi par une remise en cause « Peut-être qu'on n'est pas assez présent. Peut-être qu'on ne travaille pas assez collectivement. »
« Le candidat ministre maire, il va falloir aller le chatouiller » a préconisé Olivier Girardin à l'adresse de Lorette Joly, candidate PS sur la circonscription du député UMP. « On a trois candidats : deux de chez nous et un presque de chez nous » (1) s'est amusé le responsable politique en évoquant les législatives et les candidats du PS : Yves Fournier et Lorette Joly assis à la tribune. « On a des candidats solides et expérimentés qui peuvent porter d'autres politiques. Des députés de gauche à l'assemblée nationale, ça peut servir les gens de l'Aube, les classes moyennes et les chefs d'entreprise ».
Et au passage, le premier fédéral de tacler les élus UMP abonnés à l'assemblée nationale « Ca fait combien de temps que Jean-Claude Mathis et François Baroin sont députés ? Et c'est toujours pareil ».
(1)« Le presque de chez nous » fait allusion à René Gaudot, récemment démissionnaire du PS pour rejoindre les rangs du PRG, ce qui lui a permis d'obtenir l'investiture pour être candidat sur la première circonscription de l'Aube.
Olivier Girardin face à ses troupes les a invitées à ne pas relâcher la mobilisation
« Je considère que le chef a entendu »
Publié le dimanche 29 janvier 2012 à 11H00
Le discours de M. Hollande était très favorable à une économie de droite et s'il a changé c'est parce qu'Arnaud Montebourg a fait 17 % à la primaire » remarquait une invitée, particulièrement critique à l'égard du candidat des socialistes.
Olivier Girardin n'a pas fui le débat. « Il y a des analyses que vous portez qui sont discutées… Mais de façon moins lapidaire. La tentation de droite, ça touche tout le monde. Moi même premier fédéral, je suis minoritaire dans mon parti (2). La violence des débats a été forte. Mais il y a un temps pour tout. Aujourd'hui, il faut se mettre en ordre de marche. Le débat a été tranché par les primaires. »
Évoquant le meeting au Bourget dont son interlocutrice avait souligné un brin sceptique « la métamorphose de François Hollande », Olivier Girardin a donné un recadrage « Je ne considère pas que le chef s'est trompé. Je considère que le chef a entendu et c'est la force de François Hollande. Admettez que si la gauche l'emporte, les militants, les ouvriers, les élus devront dire, il faut que ça bouge ».
Une analyse totalement approuvée par Raymonde Charpentier, ancienne élue de Saint-Julien-les-Villas « Il faut faire absolument élire Hollande, même si on n'est pas d'accord sur tout » Et la septuagénaire d'évoquer Léon Blum et les acquis sociaux du Front populaire « parce qu'il y a eu des mouvements ouvriers pour le pousser à la roue ».
(2) Olivier Girardin pour la désignation du premier secrétaire du PS avait défendu la motion Hamon et lors de la primaire s'était déclaré en faveur de Martine Aubry.
Au Petit Louvre, petits fours et grand rassemblement










